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LE MONDE DE JULIETTE :
une LAURE DES ARTS



Une Laure, ou Lavra en grec, est un monastère. Un lieu où l'on médite, seule dans sa cellule, pour créer pour sa foi avant de communiquer avec le monde.

Ma cellule est mon atelier de peintre, ma foi, c'est l'art, tous les arts, et j'ai la chance de créer en peinture, pour raconter une histoire, la mienne, où en filigrane apparaîtra un visage.

  J'espère (et la foi est aussi espérance) que vous la devinerez, que vous aimerez ce visage inlassablement répété, toujours identique, toujours différent, qui d'un outre-monde vous parle de l'amour, de la paix du coeur et d'espérance.

J'essaierai de vous faire partager mes bonheurs de peintre, mes grandes craintes, mes petites joies, mes déceptions. Vous les imaginerez au travers de mes toiles, vous les jugerez aussi.

Je vous dirai aussi mes coups de coeur: livres, poésies, et peut-être des récits, des poèmes d'amis, de moi.....



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mes autres blogs :
orchis-mauve
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Mercredi 5 mars 2008


Extrait du "PÊCHEUR ET LA PRINCESSE" de MINH TRAN HUY
(Actes Sud)


Il était une fois....
il y a très longtemps, la fille d'un grand mandarin. Dotée de toutes les grâces, elle avait reçu le nom de My Nuong qui signifie "Belle enfant".
Comme toutes les jeunes filles de sa condition, elle viviat recluse dans le gynécée, situé dans une haute tour du palais.... Le plus souvent elle se tenait près de la fenêtre, occupée à broder ou à lire des ouvrages de poésie. Parfois elle s'arrêtait pour regarder la rivière qu coulait plus bas et rêvait de voyages et de rencontre en suivant son cours argenté.
De temps en temps une petite barque de pêcheur glissait sur l'eau calme. L'homme, nommé Thuong était très pauvre. Il chantait souvent. De loin My Nuong ne voyait pas son visage... Mais elle entendait sa voix, qui s'élevait depuis les rives jusqu'à elle. .. La voix était belle et les paroles mélancoliques. C'était le seul contact de la jeune fille avec le monde extérieur, qu'elle n'avait jamais connu qu'en soulevant  le rideau de son palanquin, chaque fois qu'elle obtenait l'autorisation de sortir, escortées des meilleurs gardes du Mandarin.
Un jour cependant le pêcheur ne vint pas sur la rivière. My Nuong se surprit à l'attendre jusqu'au soir. Pendant des jours, elle guetta en vain son retour. Jusqu'à perdre le sommeil et l'appétît. Appelés en hâte les médecins se révélèrent incapables  de déterminer les causes du mal qui s'était emparé d'elle et les parents commençaient à désespérer, quand la jeune fille guérit soudain, le pêcheur revenu de voyage, chantait de nouveau sur son bateau..

Instruit par une servante de l'attachement de sa fille pour ce chant, le mandarin convoqua l'homme et le mit en présence de sa fille. Au premier regard, celle-ci mit fin aux vagues songeries qu'avaient suscitées la chanson. Thuong, sale, en guenilles, n'avait rien du prince charmant qu'elle avait rêvé d'aimer. Elle l'oublia et retrouva sa tranquillité d'esprit.
Cependant le pauvre pêcheur lui, reçu le coup fatal en voyant My Nuong. Il retourna à sa la rivière, mais le temps passant ne parvint à oublier ni la beauté, ni le dédain de la demoiselle.
Connsumé par un amour sans espoir, il dépérit en silence et s'éteignit en emportant son secret.
Des années plus tard, la famille du pêcheur exhuma ses restes pour les transportr à la sépulture définitive. Elle ne trouva dans le cercueil qu'une étrange roche translucide, qu'elle fixa à la barque en guise d'ornement. Un artisan qui passait remarqua cette pierre insolite et l'acheta. Il y sculpta une tasse d'une exquise finesse.
Le mandarin fit l'acquisition de l'objet, car il avait eu vent du grand prodige. Chaque fois qu'on y versait du thé, on y voyait l'image du pêcheur faire le tour de sa tasse en chantant :
"Puisque nos coeurs sur cette terre
Ne peuvent se rencontrer
Puissent nos âmes dans l'autre vie
Se retrouver unies à jamais."

Un jour d'automne, My Nuong versa un peu de thé dans la tasse. L'image du pêcheur apparut. Ils se regardèrent. la jeune fille se souvint. Elle pleura
Une larme tomba dans la  tasse, qui fondit aussitôt."


par juliette b. publié dans : LIVRES
Vendredi 29 février 2008


Je n'ai plus de larmes,
mon coeur pleure pour Toi


"La mort n'est rien.
Je suis simplement passée dans la pièce à côté.
Je suis moi. Tu es toi.
Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours.
Donne moi le nom que tu m'as toujours donné.
Parle-moi comme tu l'as toujours fait.
N'emploie pas de ton différent.

Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie. Souris. Pense à moi. Prie pour moi.
Que mon nom soit toujours prononcé à la maison.
Comme il l'a toujours été.
Sans emphase d'aucune sorte et sans trace d'ombre.

La vie sign ifie ce qu'elle a roujours sign nfié.
Elle reste ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée,
Simplement parce que je suis hors de ta vue ?
 Je t'attends, je ne suis pas loin.
Juste de l'autre côté du chemin
Tu vois, tout est bien."

Charles Peguy



par juliette b. publié dans : MON JOURNAL
Jeudi 28 février 2008



L'ovale allongé, sévère,
Les plis de la robe noire....
Jeune grand-mère! Qui baisait
Vos lèvres hautaines ?

Ces mains qui dans les salles du palais
Jouaient les valses de Chopin...
De  chaque côté du visage de glace
Les boucles en spirales

Le regard sombre, droit et exigeant
Le regard prêt à la bataille
Les jeunes femmes ne regardent pas ainsi
Jeune grand-mère qui êtes-vous ?

Que d'occasion vous avez emportées
Que de choses impossibles aussi......
Dans le sein affamé de la terre
Polonaise de vingt ans !

Le jour était innocent, le vent frais.
Les étoiles sombres mouraient.
Grand-mère ! Ce cruel tourment
Dans mon coeur....serait-ce vous ?

Marina TSVÉTAEVA30
4 Septembre 1914
par juliette b. publié dans : POÉSIE
Dimanche 24 février 2008


"LA PRINCESSE ET LE PÊCHEUR"
(Acte Sud)


""A quelques mêtres de nous un blanc tapis d'anémones m'a évoqué des vers d'Apollinaire découverts quelques heures plus tôt en parcourant Alcools....

"L'anémone et l'ancolie
Ont poussé dans le jardin
Ou dort la mélancolie
Entre l'amour et le dédain

Il y passe aussi nos ombres
Que la nuit dissipera
Le soleil qui les rend sombres
Avec elles disparaîtra"

Ces quatrains m'avaient plu. Ils disaient une humeur triste et tranquille qui m'était familière""

par juliette b. publié dans : LIVRES
Mercredi 20 février 2008


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Impudique
Sous vos regards
Tendres
J’offre mon secret
Pâle
Et frissonnant
A vos désirs
Tremblants

Ma chair pâle
Ouverte
Tous pétales étalés
En corolle
Relevés
En grâce
Frissonnante
Et diapré

Pâles et rosés
Jaunes des ors
Brûlants
Blancs de pudeur
Fausse
Mauves et timides
Violets,  violents,
Violés

J’élève ma hampe
Fière et oblongue
Adamantine
Loin au-dessus
De vos timidités
Et  m’effacerai
sans crainte
De me dévoiler

O.


par juliette b. publié dans : POÉSIE

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