Parmi les songes
D’une forêt ombreuse
Je flotte légère
En recherche
De tendresses multiples
De caresses chatoyantes
D’offrandes sensuelles
Sombres et suppliantes
Pourquoi attendre
Ce bonheur défendu
Il est là dans mon rêve
Il est là dans mes bras
Il est sur ma bouche
Il est dans mon corps
Il est la sève vivante,
Et chaude de ton offrande
Juliette
Lorsque le temps viendra
De quitter ce séjour
J’offrirai les parfums
De ma tendresse douce
Poserai devant toi
L’or de mon cœur ému,
Les souvenirs cruels
De nos vies usurpées,
Nos rires évanouis
Nos larmes échangées
Nos sourires complices
Nos secrets éperdus
Nos colères stupides
Et le temps oublié
Dans l’océan des jours
Juliette
Il était une fois un oiseau enfermé à une cage, accrochée à une fenêtre.
Las ! c’était un gros oiseau, un perroquet…
Il était beau, coloré de vert et de rouge, le bec orgueilleux, la voix forte.
Mais il ne pouvait pas se déplacer, , ni sauter, ni tourner.
Il essayait bien de déployer ses ailes, mais ses plumes s’abimaient aux bareaux de la cage.
On le rentrait le soir, et il essayait pas ses cris d’exposer son problème, mais on ne le comprenait pas,
Il se résignait en regardant la télévision et là il voyait ses congénères voler de branches en branches, il les écoutait, répétait leurs cris… sans succès.
Il regardait aussi des films d’aventures, de gangster.
Il remarqua qu’une phrase était souvent prononcée, et que ces mots semblaient amener d’autres sons répétitifs
Il s’exerça, s’exerça, et enfin un jour où on l’accrocha à sa fenêtre, il cria :
AU SECOURS ! AU SECOURS et cela sans discontinuer.
Et le fit aussitôt suivre d’une série de PIN-PON très réussies
Il remarqua que des têtes se levaient, des fenêtres s’ouvraient, on lui parlait même, les gamins l’encourageaient en répétant avec lui ; AU SECOURS ! PIN-PON
Tant et si bien que les voisins vinrent en délégation exiger que ce pauvre oiseau aux plumes usées par la cage, désespéré, dépressif soit enfin libéré.
Il fut accueilli dans un jardin par un brave homme de couleur sombre qui fit remonter en lui d’heureux souvenirs. Avec un vaste sourire de ses dents blanches, il le posa sur son épaule et lui offrit des fruits, des graines, des sourires.
Je m’appelle FET.NAT, je suis né le 14 Juillet, et toi je t’appellerai PIN-PON
Ils rirent tous deux à gorge et bec déployés…
Juliette
Elle traverse la vaste place de la grande ville, elle regarde ces êtres, des humains comme elle, ils marchent, marchent, ils regardent le sol, ils regardent devant eux, ils ne regardent rien, même pas le ciel léger de cet automne généreux
Elle les voit venir vers elle, leurs visages sont ailleurs, leurs pensées aussi, leurs yeux sont en eux.
Elle concentre son regard sur chacun, sur chacune, jolie fille ou étudiant, bourgeoise élégante ou ouvrière, mère de famille l’attention rivée sur son rejeton.
Elle les voit venir de loin : quelles sont leurs peines ? quelles sont leurs joies ? Rien n’émane d’eux.
Ils sont comme une grande déferlante humaine, glissant vers les rives du Lac d’Indifférence
Juliette
Elle est belle et grande, ancienne, mon armoire à Secrets.
Un jour j'en ai changé la serrure et gardé la clé sous mon oreiller.
Mes secrets sont sur tous les rayons,
Tout en haut les Livres illustrés de mes peintres. Je dis "mes" parce que je les aime exclusivement, et parfois cela surprend, ou choque.
Puis mes petites passions sur le rayon suivant, dont on se moque un peu, ici et là :
mes livres d'astrologie, lus, relus, étudiés. Cornés, anotés
Mon Tarot de Marseille
Mes boites de photographies, celles où je suis nue, dans la beauté de la jeunesse, debout sur un rocher, ma robe s'envolant au vent, ou couchée sur le sable parmi les ajoncs.
Plus bas, les catalogues de mes expositions, les "books" où j'ai collectionné les articles des critiques qui ont aimé mes toiles.
Voisinant sans raison apparente les livrets des concerts et des opéras que j'ai vus depuis ....tant d'années, compagnons de mes émotions
Enfin des boites, celles qui renferment les souvenirs de mes amants....
Vous comprenez maintenant que cette belle et grande armoire soit fermée à clé, et la clé sous mon oreiller.
Juliette
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