BIENVENUE

 
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LE MONDE DE JULIETTE :
une LAURE DES ARTS



Une Laure, ou Lavra en grec, est un monastère. Un lieu où l'on médite, seule dans sa cellule, pour créer pour sa foi avant de communiquer avec le monde.

Ma cellule est mon atelier de peintre, ma foi, c'est l'art, tous les arts, et j'ai la chance de créer en peinture, pour raconter une histoire, la mienne, où en filigrane apparaîtra un visage.

  J'espère (et la foi est aussi espérance) que vous la devinerez, que vous aimerez ce visage inlassablement répété, toujours identique, toujours différent, qui d'un outre-monde vous parle de l'amour, de la paix du coeur et d'espérance.

J'essaierai de vous faire partager mes bonheurs de peintre, mes grandes craintes, mes petites joies, mes déceptions. Vous les imaginerez au travers de mes toiles, vous les jugerez aussi.

Je vous dirai aussi mes coups de coeur: livres, poésies, et peut-être des récits, des poèmes d'amis, de moi.....



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mes autres blogs :
orchis-mauve
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Mardi 4 décembre 2007


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30 Septembre 2007

Je me réveille avec déjà en tête, comme si cette pensée ne m’avait pas quittée pendant la nuit, le tableau en cours. Je dois le terminer aujourd’hui, absolument. Je me le suis promis.

C’est ce que j’appelle une « Fresque » (sans rapport avec le travail « à la fresque »)

Je sais déjà son titre, il est venu en peignant :
LES ESPÉRANTES

Mon modèle est en moi, je le répète depuis si longtemps….
C’est un visage disparu, mais toujours présent, et suivant les jours il s’éloigne, ou se laisse facilement apprivoiser par le pinceau et devient : Elle.

C’est une suite de visages de face, de profil, de dos. Elles sont brunes ou plus blondes, cheveux très courts, mi longs ou nattés. Elles sont identiques mais différentes (c’est peut-être absurde, mais je les sens ainsi).
A un certain, moment j’ai suspendu mon geste, …. C’est bien ainsi, je n’irai pas plus loin.

J’ai peint un fond sombre… puis je l’ai recouvert de papier transparent, en le froissant un peu.
Aujourd’hui, le tableau doit arriver à sa conclusion, être enfin lui, tel que je l’ai senti depuis le début.

Les parties non peintes seront enduites. C’est la technique de la « Cire chaude », connue depuis les égyptiens. Nous sommes peu, je crois à la pratiquer encore.
Le liquide est brûlant et je le travaille avec un pinceau, rapidement, avant qu’il refroidisse, créant des reliefs, des plissures, des éclaboussures.
Bien gérer mon geste, pas de mouvement nerveux qui tacherait un visage.
Se contrôler, être dans le tableau, entièrement sans pensée autre qu’ ELLE….ELLES, étrangères et semblables, silencieuses et appelantes, uniques et multiples, lointaines, si lointaines, désespérément ….

C’est terminé, la fièvre retombe. Je me recule, …. Oui… peut-être…une petite retouche ici, bien se contrôler, toujours.

Être sage, attendre cet après-midi, le verdict tombera de mon regard, de ma pensée, de ma mémoire, de mon besoin :
« LA peindre une fois encore, une fois de plus ».

J’appose ma signature sous forme  de mes initiales.
Je le retourne et écrit son titre, sa date, mon nom.

J’éprouve une certaine jouissance en cet instant, comme un devoir accompli….. jusqu’au prochain tableau, qui commence déjà à se lever en moi… toujours une femme au regard appelant et…. Je ne sais pas encore.
Je vais jusqu’à ma réserve de châssis, j’en choisi deux, celui-ci ou celui-là, le plus grand ? Oui, non.
L’hésitation commence, un peu de fièvre, déjà une crainte de ne pas avoir  »l’Idée »…. Je descends de l’atelier, le regard un peu ailleurs, tourné vers les jours, les semaines suivantes, faisant défiler dans ma tête tous les projets qui m’ont traversé l’esprit.
« Arrête-toi là, ne pense plus, oublie la peinture jusqu’à demain. ».
Je cherche un dérivatif auprès de  mes orchidées. Une à une, elles commencent leur floraison, des tiges portant un petit bouton commencent à poindre. Je les caresse légèrement, chacune aura son mot gentil, même celle qui n’offre encore aucun signe. Je l’encourage, la console d’être en retard .

J’ai photographié le tableau pendant que la lumière était encore bonne.

Avant de me coucher, je remonte le voir, avec la crainte de la déception, je l’amène à la lumière d’un projecteur, je sais que s’il soutient ma critique dans cet éclairage, je pourrai dormir tranquille. Sinon, ce sera le désespoir… comme je le dis en plaisantant « la terre s’arrêtera de tourner »…


Juliette Beaudroit
Copyright © juliette beaudroit



par juliette b. publié dans : ETRE PEINTRE
Samedi 1 décembre 2007




C’est le matin.
Je suis installée dans mon lit, j’ai bu ma tasse de thé vert, « Petite Rose » vient s’installer contre moi, je la caresse, je réfléchis….. je pense….
J’ai dans la tête des mots qui tournent, virent, s’échappent… Un premier vers… il était venu me visiter hier soir, comme  un ami, mais il vagabonde de ma mémoire au bout de mes doigts, m’échappe.

Je l’emprisonne dans mon filet à mots-papillons, et je le pose sur la page.
Aussitôt  un autre vers le rejoint, en entraînant deux puis trois.

Vite la seconde strophe, le thème est là, il faut l’adoucir, le teinter, le poncer, lui donner plus de sens, ne pas aller trop vite, laisser traîner un verbe, l’effacer, le reprendre, le repousser plus loin

Ne pas oublier mon thème. C’est TOI, encore, TOI chanté, TOI aimé.  Apprécieras-tu ?
Il faut se relire, un mot se répète plus loin, en trouver un autre, où est-il ? il ne veut pas venir, il est pourtant tout près, il se cache… laissons un moment.

Relire la suite, elle est bonne. Je pourrais peut-être écrire la fin.
Oui, elle  vient sur ma page déjà noircie et raturée, mais il reste une étendue vierge,  où je pose des mots sans réfléchir, vite, très vite , c’est cela que je voulais…..et le dernier vers est arrivé dans sa glissade heureuse.
Voilà !

Se relire, avec crainte, et cruauté, ne pas hésiter à biffer.
Toujours ce mot me manque, il n’a pas de sosie,  tant pis je supprime le vers…
Mais cela est mieux ainsi.

Je pose la feuille écrite, raturée,  surchargée, presque illisible à côté de « Petite Rose » ronronnante, indifférente.
Ce soir, demain, tout à l’heure, je relirai, peut-être ce sera, peut-être pas.
Il faut attendre que les mots fassent connaissance, s’apprivoisent, s’aiment.

Alors ce sera un poème.

juliette b

proposition n°25   d'Écriture Ludique

par juliette b. publié dans : POÉSIE
Mardi 27 novembre 2007
menines2.jpg"les Ménines" inspirée par Vélasquez
(cette toile fait 2m. par 2m.)

Je reviens vous parler de ma peinture, nous l'avons laissée au moment où je peignais encore très "lisse",  et "maigre", au point que l'on voyait la trame de la toile....

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la bague

                                                         le couple
                                                 (je reconnais que le garçon est un peu efféminé)


Ce que me reprochaient les critiques.
"Ça manque de matière  !"

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la médisance

                                                                                    l'oiseau pudique

J'ai toujours aimé m'améliorer, Donc je'ai essayé, non sans souffrances (sourire) en m'aidant de médium,...

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Il y eu des ratages, des désespoirs, voici le résultat.






                  la demandeuse d'emploi (acheté par la ville de Lyon)

Ce n'est pas la meilleure partie de ce que j'ai créé, mais il fallait en passer par là.

207-oiseaubleu.jpgmedee.jpg









oiseau bleu                                                                             Médée
J'en était d'accord.

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                                               les trois soeurs

Comme vous pouvez le voir, les fonds sont devenus "un peu nuagistes", j'ai utilisé des reproductions de tissus (inventés)

QU'EN PENSEZ-VOUS ?
Juliette

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par juliette b. publié dans : ETRE PEINTRE
Samedi 24 novembre 2007


painting-absinthe-degas2.jpgDegas : l'Absinthe


Ce matin, je me suis réveillée, avec un poids sur la poitrine.
Ce n’était pas Léo, mon petit chat, non, il a passé sa nuit sur un radiateur, je la connais bien cette sensation,  depuis si longtemps.

Rester couchée, non impossible, je fuis le lit.
Peut-être debout ça passera , l’angoisse glissera le long de mon corps … mais non! elle m’étouffe toujours, je mets la main sur ma gorge…peut-être boire en thé bien chaud, manger, mais mon estomac est noué. Je ne peux pas.

Faire quelque chose à tout prix, .. un bain bien chaud, Ah ! que c’est agréable cette brûlure…il me semble que je suis mieux.
Mais non, à peine debout, elle est de nouveau là, Madame l’Angoisse, que faire, sortir .

Mais il faut être là pour le repas, surtout n’en pas parler,  l’incompréhension me rejettera encore plus bas.
Je mange en silence, simulant un certain sourire, pressée d’en finir. Regarder un peu la télévision : tous les malheurs du monde me font souffrir, le Bingladesh, le Chili, les enfants perdus, violés… je participe, je comprends, mais mon angoisse ne me quitte pas pour autant.
Je sors, je vais marcher au travers du Petit Bois voisin. Attention, bien regarder si un tronc d’arbre ne cache pas un inconnu inquiétant.
Pas aujourd’hui.
Enfin le Grand Magasin, je traîne dans les rayons, de jupes en pantalons et  colifichets, de violet en pourpre, rien n’arrête mon regard, pas une seule petite folie à faire.
La cafeteria, peut-être ?
Non, je ne mangerai pas de gâteau….   je prends pourtant un "Succès", et demande un thé. J’y vide les deux  le sachet de sucre en poudre.
Je mange mon gâteau  rapidement, je me brûle avec le thé, et je fuis, vers la maison.
Rien à y faire aujourd’hui. Rien envie de faire .

Et si je descendais en ville….., déjà se dessine en moi l’image du petit café, juste à l’angle de la rue de la Baleine. Mais non, je n’irai pas… et pourtant je sais bien, je le sais depuis ce matin,  de l’alcool desserrerait cet étau, je deviendrais légère.
Je serais bien…

Je suis bien.. j’ai bu.

Juliette

(Sur une consigne de "Papier Libre"  "Comment peut-on en arriver là")
Mon histoire est vraie sauf que ce jour là il m'a suffit d'une crèpe bien arrosée de grand Marnier pour faire surface.... sourire
Je ne bois jamais d'alcool


par juliette b. publié dans : MON JOURNAL
Mardi 20 novembre 2007


Le sourire de la Joconde


C’était, il y a longtemps, le gardien ne m’avait pas encore abîmée dans une crise de mauvaise humeur, avec ses clé s
Il était passé en marmonnant entre ses dents, « Elle m’a fait çà, la garce, avec mon meilleur ami ! ». A ce moment là, il m’a regardée « Et ça te fait rire, toi ! Ah ! vous êtes bien toutes les mêmes, à vous soutenir ! « . Et rageusement il a griffé mon corsage brodé, sur ma jolie poitrine, dont je suis assez fière.
Qua vouliez-vous que je dise, je n’y étais pour rien,
Je ne dis pas que je n’ai jamais trompé mon mari, le sieur Gherardini. J’étais toute jeune lorsqu’il m’a épousée, et l’âge venant, n’était plus très vaillant au lit.
Alors, un jour où il était absent, ….

Mais ce n’était pas ce que je voulais vous raconter.

Donc à l’époque, j’étais exposée au Musée du Louvre, parmi les autres tableaux, sans cordons pour éloigner les visiteurs, avec un gardien attitré.
D’ailleurs j’ai bien aimé cette période, où j’avais toujours un homme à côté de moi, il s’ennuyait un peu, moi je lui souriais. En fait, je ne sais faire que çà
Il y en avait qui baillaient aux corneilles, ou baillaient tout court d’une façon très mal élevée, je voyais leurs dents cariées, pas toujours agréable… ou rêvaient, parlaient tout haut, faisaient des projets de vacances, surtout en regardant le paysage d’Italie qui est derrière moi.
Il y avait des jeunes, mignons, presque de mon âge. (parce que malgré les siècles, je n’ai toujours que….Oh ! et puis ça ne cous regarde pas).

Donc (je n’ai pas encore réussi à vous raconter ma petite histoire, si touchante), la salle était vide, une jeune femme est entrée, elle regardait les tableaux avec attention, un à un, se reculant pour mieux voir, elle avait parfois un air d’approbation, parfois indifférent.
J’attendais avec impatience que nous nous rencontrions.

Ça a été un coup de foudre ! Elle  a eu un Oh ! émerveillé, est restée figée d’étonnement, « Que tu es belle » a-t-elle murmuré, son, regard ne quittait pas le mien, je lui souriais le plus tendrement possible, elle a esquissé un sourire timide.
Elle s’est assise sur le siège central, et nous sommes restées là, nous observant longuement, nous étions heureuses…. Tout simplement.

Des visiteurs sont entrés, discutant bruyamment. Elle s’est levée en soupirant avec impatience , m’a fait un petit signe de connivence, et a quitté la pièce à regret, avec un dernier regard amical.

Je me souviens encore d’elle.
Je l’ai revue bien plus tard.
Des japonais me photographiaient avec leurs flash. Elle m’a observée de loin, elle a dit à son amie, « c’est bizarre, je ne sais pas ce qu’il lui ont fait, je ne la reconnais pas vraiment. C’est peut-être l’effet de la vitre. Elle me paraît plus lointaine, et tous ces gens … ».
Elle n’a pas fini sa phrase, s’est éloignée, un peu triste, avec tout de même un petit sourire pour moi. « 

Juliette
Copyright © juliette beaudroit

Thème proposé par :   " LES IMPROMPTUS LITTÉRAIRES"
http://www.impromptus.fr/

par juliette b. publié dans : RÉCITS

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