
vagues de ton silence
Je vous avais promis, un peu inconsidèrement, de vous faire un compte-rendu du vernissage du 4 Novembre. Depuis, j'ai eu des problèmes ( un genou fracturé) et je n'ai plus eu l'envie d'écrire.
Mais, il faut se reprendre, donc voici :
Des amis, des amateurs d'art, des sympatisants étaient là,
assez nombreux (pas de chance, il pleuvait).
Madame le Maire a fait un discours chaleureux dont la
modestie m'empêche de vous révéler la teneur (d'ailleurs,
elle l'a gardé). J'ai répondu :
"Merci Madame le Maire
Merci J-J Queyranne (ancien ministre, président du Conseil
Régional)et merci à vous tous d’être là, attentifs et indulgents.
Nous nous sommes déjà rencontrés, il y a onze ans, sur un “CHEMIN DE VIE” qui nous conduit aujourd’hui à mon JARDIN SECRET”
Vous y trouverez non pas la femme (vaste sujet), non pas des femmes (trop vague, trop froid) mais UNE FEMME, toujours identique et toujours différente, entourée comme dans tout jardin, de fruits, de fleurs, d’arbres, d’ oiseaux.
Ma technique, je le reconnais assez élaborée, désire révéler et cacher. Mes toiles parlent de l’ailleurs et de toujours, murmurent des secrets, s’offrent et se refusent.
Je vous souhaite une agréable promenade en ce jardin. le peintre en son atelier
Merci encore et bonne soirée"
Pas mal, hein!
Ensuite, bouquets de fleurs, applaudissements, compliments, autographes et petits fours.........
Je suis rentrée heureuse et fatiguée.
j'attends toujours du photographe les images qu'il m'a promises.............
Pour vous faire attendre, deux images inédites .
par J.Beaudroit
publié dans :
ETRE PEINTRE
ON ACCROCHE !!!
Je viens de passer l'après-midi avec une équipe sympa, nous avons accroché mes toiles dans la salle dHonneur de la Mairie.
Moi, si fatiguée ce matin, j'étais euphorique, tout s'est bien passé.
Je vous ferai le compte-rendu samedi
bises à bientôt

les passantes de l'ombre
par J.Beaudroit
publié dans :
ETRE PEINTRE
EXPOSITION de mes oeuvres récentes
dans la SALLE D'HONNEUR
DE L'HOTEL DE VILLE de BRON
(banlieue de LYON)
"JARDIN SECRET"

Les femmes élues
de juliette Beaudroit semblent abimées dans un rêve
dont il serait indécent
de surprendre les secrets
Laissons les à ces liturgies étranges
ne cherrchons pas à percer leurs regards indifférents à la monotonie des jours,
tentons de demeurer en peinture au sein d’un univers
où le peintre dit sa participation au monde.
Au delà du prétexte, essayons de comprendre l’action du poète,
le désir actif d’un témoin décidé à dépasser les apparences trop restreintes
et à atteindre l’amande du fruit.
Avec Juliette Beaudrfoit
plusieurs lectures s’imposent, puisque son but ne consiste pas
à plonger le spectateur dans les apparences d’un récit
mais à soulever le voile afin de permettre l’entente d’une langue
où les formes et les couleurs
veulent dire autre chose
affirmer le pouvoir d’un discours
exigeant et pur.
Dans cette peinture de rigueur et de tendresse
il convient de pénétrer discrètement
pour rejoindre la feveur du témolignage
et découvrir Juliette Beaudroit
une artiste qu’il importe attentivement d’écouter.
René Déroudille
Critique d’Art


Tout m'émeut et me bouleverse chez Juliette Beaudroit. Je parle ici de la femme et de l'artiste. C'est un personnage mythique, tout en profondeur, qui révèle à tout moment et en toute occasion ce qu'elle est exactement. Elle nous fait découvrir surtout un intérieur porteur de souffrance, un mélange en quelque sorte de cri et de douceur dans une offrande où se décèle sa toute puissance de vivre et d'exister. Juliette Beaudroit puise dans cet intérieur un besoin inextricable de nous dire qu'elle est toujours là, présente parmi nous mais aussi installée dans un au-delà où la vie est triomphatrice de la mort et où l'être sorti de sa chair reste l'impérissable qui nous observe et sculpte à longueur de jours ce que nous vivons sur cette terre des hommes.
La peinture de Juliette Beaudroit est faite de cette image qu'elle nous projette. La création, chez elle, c'est ce tourbillon de nuages et d'orages, avec un quotidien qui déverse au goutte à goutgtesa mélancolie lancinante et destructrice. Tout cela est une réalité existentielle mais chez cette artiste il y a bien d'autres choses
à découvrir. Ses toiles différentes au fil des ans, son écriture (peut-être) qui existe quelque part, sa manière d'être tout simplement : des ingrédients porteurs de communicabilité quji nous interpellent et nous positionnent sur ce que nous sommes en plaçant en exergue nos valeurs et nos dérives.
Sans doute est-ce de ces rivages où se croisent couleur, athmosphère et force du trait que se découvre avec une intensité que je ressens fort, un univers sprirituel qui n'est pas innocent, puisque Ciel et Terre sont, chez Juliette Beaudroit, un seul et même mirage.
Pour moi cette vision des choses s'affirme dans ses nus où elle excelle avec une sensualité qui nous laisse contemplatifs et pantois.
Avec l'esthétique du corps, la tendresse et là présente. S'y affiche aussi le défi du regard et, par je ne sais quel mystère, ses mains aux doigts affinés, oh combien! placés là où il faut pour habiller la toile de leur perfide tentation mais dans une gestuelle combien discrète et pudique.
J'emploie le mot pureté dans cet envoûtement qui nous fascine et je sais bien que l'absente réapparaît dans cette construction féérique où l'âme reste la souveraine.
Je pourrais en dire davantage sur Juliette Beaudroit, que j'aime comme une femme et comme un peintre, que je la trouve belle par ce qu'elle nous offre, que la beauté ça existe lorsque la création prend une forme humaine qui nous rappelle un peu ce que nous sommes, à la fois fragiles et vulnérables, mais toujours insoumis.
Ce qui s'exprime chez ce peintre n'est ni plus, ni moins qu'un souffle de réel et d'espérance, avec le bonheur qu'il nous reste à conquérir par notre foi d'y croire, à tout instant des jours et des saisons.
Roger Pestourie
Président de l'A.P.A.
Collectionneur
voir également :
http://emerveillements-d-alice.over-blog.com/
dans la SALLE D'HONNEUR
DE L'HOTEL DE VILLE de BRON
(banlieue de LYON)
"JARDIN SECRET"

Les femmes élues
de juliette Beaudroit semblent abimées dans un rêve
dont il serait indécent
de surprendre les secrets
Laissons les à ces liturgies étranges
ne cherrchons pas à percer leurs regards indifférents à la monotonie des jours,
tentons de demeurer en peinture au sein d’un univers
où le peintre dit sa participation au monde.
Au delà du prétexte, essayons de comprendre l’action du poète,
le désir actif d’un témoin décidé à dépasser les apparences trop restreintes
et à atteindre l’amande du fruit.
Avec Juliette Beaudrfoit
plusieurs lectures s’imposent, puisque son but ne consiste pas
à plonger le spectateur dans les apparences d’un récit
mais à soulever le voile afin de permettre l’entente d’une langue
où les formes et les couleurs
veulent dire autre chose
affirmer le pouvoir d’un discours
exigeant et pur.
Dans cette peinture de rigueur et de tendresse
il convient de pénétrer discrètement
pour rejoindre la feveur du témolignage
et découvrir Juliette Beaudroit
une artiste qu’il importe attentivement d’écouter.
René Déroudille
Critique d’Art


Tout m'émeut et me bouleverse chez Juliette Beaudroit. Je parle ici de la femme et de l'artiste. C'est un personnage mythique, tout en profondeur, qui révèle à tout moment et en toute occasion ce qu'elle est exactement. Elle nous fait découvrir surtout un intérieur porteur de souffrance, un mélange en quelque sorte de cri et de douceur dans une offrande où se décèle sa toute puissance de vivre et d'exister. Juliette Beaudroit puise dans cet intérieur un besoin inextricable de nous dire qu'elle est toujours là, présente parmi nous mais aussi installée dans un au-delà où la vie est triomphatrice de la mort et où l'être sorti de sa chair reste l'impérissable qui nous observe et sculpte à longueur de jours ce que nous vivons sur cette terre des hommes.
La peinture de Juliette Beaudroit est faite de cette image qu'elle nous projette. La création, chez elle, c'est ce tourbillon de nuages et d'orages, avec un quotidien qui déverse au goutte à goutgtesa mélancolie lancinante et destructrice. Tout cela est une réalité existentielle mais chez cette artiste il y a bien d'autres choses
à découvrir. Ses toiles différentes au fil des ans, son écriture (peut-être) qui existe quelque part, sa manière d'être tout simplement : des ingrédients porteurs de communicabilité quji nous interpellent et nous positionnent sur ce que nous sommes en plaçant en exergue nos valeurs et nos dérives.
Sans doute est-ce de ces rivages où se croisent couleur, athmosphère et force du trait que se découvre avec une intensité que je ressens fort, un univers sprirituel qui n'est pas innocent, puisque Ciel et Terre sont, chez Juliette Beaudroit, un seul et même mirage.
Pour moi cette vision des choses s'affirme dans ses nus où elle excelle avec une sensualité qui nous laisse contemplatifs et pantois.
Avec l'esthétique du corps, la tendresse et là présente. S'y affiche aussi le défi du regard et, par je ne sais quel mystère, ses mains aux doigts affinés, oh combien! placés là où il faut pour habiller la toile de leur perfide tentation mais dans une gestuelle combien discrète et pudique.
J'emploie le mot pureté dans cet envoûtement qui nous fascine et je sais bien que l'absente réapparaît dans cette construction féérique où l'âme reste la souveraine.
Je pourrais en dire davantage sur Juliette Beaudroit, que j'aime comme une femme et comme un peintre, que je la trouve belle par ce qu'elle nous offre, que la beauté ça existe lorsque la création prend une forme humaine qui nous rappelle un peu ce que nous sommes, à la fois fragiles et vulnérables, mais toujours insoumis.
Ce qui s'exprime chez ce peintre n'est ni plus, ni moins qu'un souffle de réel et d'espérance, avec le bonheur qu'il nous reste à conquérir par notre foi d'y croire, à tout instant des jours et des saisons.
Roger Pestourie
Président de l'A.P.A.
Collectionneur
voir également :
http://emerveillements-d-alice.over-blog.com/
par J.Beaudroit
publié dans :
ETRE PEINTRE
| |
|
Je ne vous parlerai pas de mes tout-débuts, c’était une recherche fiévreuse, souvent déçue. Recherche de matière surtout, j’ai rarement peiné sur les couleurs. Les quelques toiles qui ont échappées à la destruction ne me déçoivent pas sur ce plan là.
Et quels sujets choisir ?
J’ai fait des paysages, de mémoire, car, encore maintenant, je ne peux pas peindre en dehors de l'atelier. Cela a d’abord été la salle de séjour (en essayant de ne pas faire de tâches, ça c’est un peu contraignant ! mais on ne fait rien de bon dans des conditions idéales, étrangement, je me rends compte qu’il faut vaincre quelque chose pour créer ), puis plus tard, dans notre première maison, malgré des pièces inutilisées,je n’ai eu de refuge que dans le grenier-soupente. J’avais une lucarne de trente centimètres pour m’éclairer, je me suis donc installé une lampe-projecteur très puissante
Mais il me manquait la lumière du jour, je devais donc pour vérifier mes couleurs, transporter la toile vers une pièce claire et faire des allers-retours jusqu’à ce que je sois satisfaite.
J’ai peint des fleurs, un seul bouquet a été sauvé, des roses demi-fanées, que ma sœur a gardé. Et quand je le vois, je pense que là j’avais vraiment commencé à être peintre.
J’ai peint des portraits de mon fils, il en reste un assez valable, que je lui ai donné récemment.
Puis il y a eu un long arrêt de cinq ans. Les filles sont nées, je me suis donné de bonnes raisons pour ne plus peindre, je n’en voyais plus la nécessité, j’étais devenue “une femme à la maison”, cousant, tricotant, lavant repassant, RIEN !
Mon état dépressif n’importunait personne, puisque je n’en parlais pas. Le compagnon de ma vie ne me “voyait” pas, allait, venait, passait. De temps en temps j’exprimais quelques plaintes, il ne savait pas que me répondre, et s’enfuyait dans des voyages d’affaires.
Un jour j’ai ressorti les pinceaux, et à ma grande surprise, mes épreuves avaient mûri ma peinture, elle était devenue plus forte, plus dense, malgré mes craintes, je savais encore
peindre. J’ai senti que là était ma bouée de sauvetage, et je me suis dit ceci, que je trouve avec le recul, prétentieux
et naïf : “je deviendrai Peintre”.
Je me suis attelée à la tâche pendant cinq ans, je n’ai montré à personne ce que je faisais, je “tournais” sur quinze châssis, repeignant sans cesse sur les mêmes toiles.
Puis j’ai fait quelques rencontres :
-dans la musique, que j’ai toujours aimée et que j’écoutais à longueur de journée, j’ai rencontré Debussy. Le “je ne suis pas heureuse” de Mélisande a eu un écho en moi, “c’est moi, je suis Mélisande perdue dans sa forêt, mal aimée, ne pouvant atteindre le vrai bonheur, mourantde sa solitude, de sa naïveté”.
- Rencontres moins brillantes : j’ai timidement apporté mes toiles à un groupe de peintres de ma petite ville,et ils ont bien voulu m’exposer avec eux. J’ai pu parler avec des adultes, sortir (oh! très peu) rencontrer des regards amicaux, parfois admiratifs, et je me suis aperçueque malgré les critiques acerbes que j’essuyais chez moi j’existais, comme une femme, que l’on regardait, courtisait.
Enfin, j'ai trouvé mes premiers sujets sérieux : les toiles de l'imaginaire, comme "l'escalier interrompu" ou "le chat bleu". Je dessinais d'abord sur la toile à l'encre de chine, pas assez sûre de moi pour peindre directement, puis je passais des "jus" que j'étendais avec les doigts.
Derrière le personnage principal il y avait un foisonnement d'insectes, d'animaux imaginaires, des usines avec leurs fumées nauséabondes et la mort sous forme d'un pendu.
J'avais une instinctive horreur des insectes, pour les "apprivoiser" je les ai tous dessinés. C'était un effort épuisant, un combat entre mon inconscient et la réalité du monde. Ma plus grande et dernière victoire a été de faire apparaître dans mes toiles une Mante Religieuse, celle qui dévore son mâle après l'accouplement. Un jour, l'une d'elles était entrée dans notre salle de séjour. Glacée d'horreur, je suis sortie et j'ai attendu le retour de mon mari, qui l'a chassée......
Les Critiques d'Art" me reprochaient ma technique, trop "décorative" et "facile", le "manque de matière". Mais j'aimais justement laisser apparaître le grain de la toile qui participait de mon travail. J'ai peint ainsi des animaux, puis un jour, les femmes, la femme, moi, le tout en une
seule personne. D'abord les sept péchés capitaux (déjà) puis les femmes du plaisir, de la peine, de la solitude.
Et là, il y a eu un miracle, une galerie très connue et appréciée de Lyon : "L'OEIL ECOUTE" m'a invitée à exposer. Pour elle, il fallait être excellente, meilleure et plus personnelle qu'avant et là est né mon nouveau style, celui des "trois amies", de "Gabrielle d'Estrée" des "objets inanimés".
Et quels sujets choisir ?
J’ai fait des paysages, de mémoire, car, encore maintenant, je ne peux pas peindre en dehors de l'atelier. Cela a d’abord été la salle de séjour (en essayant de ne pas faire de tâches, ça c’est un peu contraignant ! mais on ne fait rien de bon dans des conditions idéales, étrangement, je me rends compte qu’il faut vaincre quelque chose pour créer ), puis plus tard, dans notre première maison, malgré des pièces inutilisées,je n’ai eu de refuge que dans le grenier-soupente. J’avais une lucarne de trente centimètres pour m’éclairer, je me suis donc installé une lampe-projecteur très puissante

Mais il me manquait la lumière du jour, je devais donc pour vérifier mes couleurs, transporter la toile vers une pièce claire et faire des allers-retours jusqu’à ce que je sois satisfaite.
J’ai peint des fleurs, un seul bouquet a été sauvé, des roses demi-fanées, que ma sœur a gardé. Et quand je le vois, je pense que là j’avais vraiment commencé à être peintre.
J’ai peint des portraits de mon fils, il en reste un assez valable, que je lui ai donné récemment.
Puis il y a eu un long arrêt de cinq ans. Les filles sont nées, je me suis donné de bonnes raisons pour ne plus peindre, je n’en voyais plus la nécessité, j’étais devenue “une femme à la maison”, cousant, tricotant, lavant repassant, RIEN !
Mon état dépressif n’importunait personne, puisque je n’en parlais pas. Le compagnon de ma vie ne me “voyait” pas, allait, venait, passait. De temps en temps j’exprimais quelques plaintes, il ne savait pas que me répondre, et s’enfuyait dans des voyages d’affaires.
Un jour j’ai ressorti les pinceaux, et à ma grande surprise, mes épreuves avaient mûri ma peinture, elle était devenue plus forte, plus dense, malgré mes craintes, je savais encore
peindre. J’ai senti que là était ma bouée de sauvetage, et je me suis dit ceci, que je trouve avec le recul, prétentieux
et naïf : “je deviendrai Peintre”.Je me suis attelée à la tâche pendant cinq ans, je n’ai montré à personne ce que je faisais, je “tournais” sur quinze châssis, repeignant sans cesse sur les mêmes toiles.
Puis j’ai fait quelques rencontres :
-dans la musique, que j’ai toujours aimée et que j’écoutais à longueur de journée, j’ai rencontré Debussy. Le “je ne suis pas heureuse” de Mélisande a eu un écho en moi, “c’est moi, je suis Mélisande perdue dans sa forêt, mal aimée, ne pouvant atteindre le vrai bonheur, mourantde sa solitude, de sa naïveté”.
- Rencontres moins brillantes : j’ai timidement apporté mes toiles à un groupe de peintres de ma petite ville,et ils ont bien voulu m’exposer avec eux. J’ai pu parler avec des adultes, sortir (oh! très peu) rencontrer des regards amicaux, parfois admiratifs, et je me suis aperçueque malgré les critiques acerbes que j’essuyais chez moi j’existais, comme une femme, que l’on regardait, courtisait.
Enfin, j'ai trouvé mes premiers sujets sérieux : les toiles de l'imaginaire, comme "l'escalier interrompu" ou "le chat bleu". Je dessinais d'abord sur la toile à l'encre de chine, pas assez sûre de moi pour peindre directement, puis je passais des "jus" que j'étendais avec les doigts.
Derrière le personnage principal il y avait un foisonnement d'insectes, d'animaux imaginaires, des usines avec leurs fumées nauséabondes et la mort sous forme d'un pendu.
J'avais une instinctive horreur des insectes, pour les "apprivoiser" je les ai tous dessinés. C'était un effort épuisant, un combat entre mon inconscient et la réalité du monde. Ma plus grande et dernière victoire a été de faire apparaître dans mes toiles une Mante Religieuse, celle qui dévore son mâle après l'accouplement. Un jour, l'une d'elles était entrée dans notre salle de séjour. Glacée d'horreur, je suis sortie et j'ai attendu le retour de mon mari, qui l'a chassée......
Les Critiques d'Art" me reprochaient ma technique, trop "décorative" et "facile", le "manque de matière". Mais j'aimais justement laisser apparaître le grain de la toile qui participait de mon travail. J'ai peint ainsi des animaux, puis un jour, les femmes, la femme, moi, le tout en une
seule personne. D'abord les sept péchés capitaux (déjà) puis les femmes du plaisir, de la peine, de la solitude.
Et là, il y a eu un miracle, une galerie très connue et appréciée de Lyon : "L'OEIL ECOUTE" m'a invitée à exposer. Pour elle, il fallait être excellente, meilleure et plus personnelle qu'avant et là est né mon nouveau style, celui des "trois amies", de "Gabrielle d'Estrée" des "objets inanimés".
Ce fut très bien accueilli par le public et la critique.

J'étais devenue Peintre !.....enfin!

J'étais devenue Peintre !.....enfin!
par J.Beaudroit
publié dans :
ETRE PEINTRE
JE SUIS DEVENUE PEINTRECe besoin de dessiner n'a fait que s'imposer au cours des années, peut-être en raison d'une enfance solitaire. Le mariage, les enfants, le travail n'ont fait que retarder l'éclosion de ce qui est devenu un besoin de dire, de crier, de répéter la plainte de Mélisande "je ne suis pas heureuse"
. Une grande timidité une difficulté à dire mes sentiments, un besoin d'être seule, ont entretenu ma passion pour toutes les formes d'expression plastique : dessin, peinture, tapisserie,
et littéraire : récits, poésie.
J'ai été tout de suite encouragée par la première galerie dont j'ai osé pousser la porte. Pourtant à l'époque je me cherchais beaucoup, passant du paysage à un certain lyrisme, de la peinture à la tapisserie. J'ai aussi créé des poupées, avec marque déposé : "les poupées merveilleuses de Juliette Beaudroit. J'en ai beaucoup vendues, cela m'a permis pendant quelques années de financer mes toiles"
J'ai rencontré alors une animatrice passionnée de la jeune peinture lyonnaise : Rosa Gimbert du Villars et enfin et surtou mon chemin a croisé celui d'un grand critique d'art lyonnais : René Déroudille.
Et aussi, Jean-jacques Lerrand, autre critique très connu à Lyon et Paris.
.C'est grâce à eux que malgré les doutes et les "désespoirs" inévitables qui jalonnent la route d'une artiste que j'ai pu continuer.La Galerie "l'Oeil Ecoute", l'une des meilleurs galeries lyonnaises m'a ouvert ses portes et celles du succès. Puis, après sa disparition j'ai été accueillie par la galerie MALAVAL, autre galerie Lyonnaise réputée, fermée elle aussi maintenant.
J'ai trouvé mon expression au travers des femmes et du drame de ma vie : la disparition de l'une de mes filles après des années de souffrances. En peinture, J'ai murmuré son histoire, la mienne si dépendante.
Ma technique actuelle, que j'ai mise au point petit à petit, est inspirée par l'admiration que je porte aux fresques romaines. Elles nous proposent un passé vivant mais voilé par l'usure du temps, un
outre-monde que l'on ne peut plus atteindre, espérant y être un jour admise pour retrouver cet être perdu dont je recrée sans cesse le visage avec plus ou moins de bonheur.

Juliette Beaudroit, dite Jubelle
par Beaudroit
publié dans :
ETRE PEINTRE
