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LE MONDE DE JULIETTE :
une LAURE DES ARTS



Une Laure, ou Lavra en grec, est un monastère. Un lieu où l'on médite, seule dans sa cellule, pour créer pour sa foi avant de communiquer avec le monde.

Ma cellule est mon atelier de peintre, ma foi, c'est l'art, tous les arts, et j'ai la chance de créer en peinture, pour raconter une histoire, la mienne, où en filigrane apparaîtra un visage .

  J'espère (et la foi est aussi espérance) que vous la devinerez, que vous aimerez ce visage inlassablement répété, toujours identique, toujours différent, qui d'un outre-monde vous parle de l'amour, de la paix du coeur et d'espérance.

J'essaierai de vous faire partager mes bonheurs de peintre, mes grandes craintes, mes petites joies, mes déceptions. Vous les imaginerez au travers de mes toiles, vous les jugerez aussi.

Je vous dirai aussi mes coups de coeur: livres, poésies, et peut-être des récits, des poèmes d'amis, de moi.....



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mes autres blogs :
Orchis-mauve
Little Prince

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Lundi 2 février 2009




Pendant la sieste
Le bourdonnement du frigo
Souvenir de sa main froide

Pierre Benoit




Note :
Vingt ans bientôt  qu'elle profite de ces parenthèses de silence pour passer me voir,
ma petite chérie, ma petite soeur trop tôt partie.



Par juliette b. - Publié dans : POESIE AMIE - Communauté : Les beaux mots
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Mercredi 28 janvier 2009



Je suis assise à tes côtés, comme tous les jours, je t’écris, bien que tu ne puisses me lire…

Tu es étendue là, dans cette chambre d’hôpital., tu sembles dormir, calme.
Il y a longtemps que je ne t’ai vue aussi paisible. Je peux poser ma main sur ton joli front sans que tu aies un frémissement, je peux caresser tes longs doigts, sans que tu les retires.

Tu es entourée d’appareils complexes qui livrent chacun leur information, tension, cœur, respiration. Il suffit que l’un s’arrête pour qu’une sonnerie aigüe résonne, l’infirmière vient parfois, ou je l’appelle.
Elle me dit de sortir et tout redevient calme.

Je reprends ma place, je te parle, de la couleur du ciel, de ton frère, de ta sœur, Je ne te pose aucune question, je sais depuis longtemps qu’il fallait en finir, je le souhaitais même.
Tu n’avais plus de raison de vivre.

J’ai demandé au médecin de ne pas te réanimer au cas ou….. il a eu l’air un peu surpris « Elle voulait mourir, docteur, c’est son droit » Il n’a rien  répondu.

Je ne veux pas que tu te voies ainsi transformée en légume. Ton cerveau est presque mort, « Et puis c’était sa volonté, il faut la respecter ».

Je regarde longuement les branchements, il suffit d’arracher une prise au mur, quelques instants, et tout s’arrêtera. Je le ferai peut-être…. demain.


Mais…. Là-bas, ailleurs, comment nous reconnaîtrons-nous ? et nous reconnaîtrons-nous ? J’ai repris ta main dans la mienne, je sens un léger tremblement, tu m’entends peut-être…

Il faut que je te dise : je n’ai aucun reproche à te faire, la vie t’était trop difficile. Et malgré ma grande tendresse, mon indéfectible dévouement je ne pouvais rien, qu’être là.

Comme chaque soir, je te dis « Adieu ma chérie », je ne sais pas si demain….

Adieu mon amour, ma vie.

Le lendemain, ton cœur s’est arrêté seul, le Docteur ne t’a pas réanimée,  « comme vous l’aviez demandé , Madame»

Juliette
Par juliette b. - Publié dans : MON JOURNAL - Communauté : papierlibre
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Vendredi 23 janvier 2009


souffrance
Quand la douleur devient si violente et l'absence si déchirante, on ne peut plus s'exprimer par des mots

Où es-tu ?













                                  parlons encore


















mather dolorosa
Il ne reste plus que le silence et la solitude












              le long sommeil

la femme qu pleure


Par juliette b. - Publié dans : ETRE PEINTRE
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Dimanche 18 janvier 2009



J’ai toujours rêvé de prendre l’Orient-Express …..

Je monte dans le wagon bleu et or :" l’Orientale " décorée par Gallet, je suis conduite  dans ma cabine privée et luxueuse , avec son salon personnel si délicatement décoré,  par le stewart qui nous est réservé.

je regarde longuement défiler les paysages d’Allemagne et d’Autriche, tableaux mouvants, aux brusques échappées .
Je mets ma longue robe  et  vais m’installer dans le wagon restaurant, devant une tasse de thé parfumé, un livre à la main, rêveuse et souriante du plaisir d’être dans cette atmosphère élégante et parfumée. Mon regard erre et s’arrête sur les couples et les groupes discrets et diserts.





Leur conversation me parvient par bribes et parfois me fait sourire.  Nous sommes à Vienne et ils parlent musique alors que du piano-bar nous parvient une langoureuse valse de Strauss. Nous passons à Bucarest alors qu’ils évoquent  leurs poètes préférés,




je n’ai pas le temps de cacher mon recueil de Baudelaire, quand un bel homme blond se lève et en s’inclinant :
« Venez nous rejoindre, nous parlerons de ce que vous semblez aimer vous aussi ». Je leur lis quelques vers et c’est ainsi que j’aurai d’agréables compagnons de voyage.
Nous ne nous quittons plus et visitons ensemble
Budapest, puis dans les montagnes de Hongrie, le  Palais Peles, et à Prague, l’Eglise St Nicolas.

Au rythme régulier des roues comme une musique lancinante, j’écoute John me réciter des vers de Wordsworth et je crois que je l’entends à peine, tant son regard bleu, étrangement étiré  me trouble.
A la fin de la soirée, c’est tout naturellement que je lui ouvre la porte de ma cabine, alors que nous franchissons le Danube, et c’est dans ses bras que j’atteindrai la fascinante Istanbul aux confins de l’Occident.







Par juliette b. - Publié dans : MON JOURNAL - Communauté : Les beaux mots
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Mardi 13 janvier 2009

sa soeur - sa mère - Elle
"les saveurs de la futilité"




L'ANNÉE TERRIBLE



De détresse en délitement, de tendresses en appels désespérés,
je l'ai suivie chaque de jour, de loin et de près.
Elle devenait de plus en plus insaisissable, de plus en plus rebelle,
de plus en plus silencieuse.



la boulimie



                    le vélo de ses fuites                                                     
                                                                          l'enlèvement


Je la sentais partir et devant sa souffrance ,
je disais, j'osais dire,
"Maintenant, il faudrait qu'elle meurre"


les ophélies

 " il n'y a pas d'autre solution
elle souffre trop"

ne me quitte pas

Ce fut notre calvaire



Par juliette b. - Publié dans : ETRE PEINTRE - Communauté : Blog d'arts
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