Venu des profondeurs
Coquillage géant
Je récèle en ma nacre
Tout un monde mystérieux
Refuge des sirènes
Je suis domaine enchanté
Royaume de Neptune
Débonnaire et puissant
Il souffle en cette trompe
Escargot sonore
Et se pressent alentour
Créatures étranges
Tu approches en silence
Prudemment la vaste entrée
Perçois chuchotements
Rires doux, appels mélodieux
Ne pas te laisser séduire
Ne pas aller plus loin
Curieuse visiteuse
Attirée en le labyrinthe
Ira rejoindre les sirènes
Ces belles enchanteresses
Séductrices des marins
Téméraires imprudents
Et à jamais disparaîtra
Juliette
Plusieurs vies, et autant de jardins secrets.
Celui de l’enfance peuplé d’images merveilleuses et surprenantes.
Cet immense cathedrale de bois dont le sommet touchait le ciel., Elle m’effrayait beaucoup, je croyais qu’elle allait s’écrouler sur moi, si petite
Les plaques marquées « Pont à Mousson » sur lesquelles il ne fallait pas poser le pied, un sortilège y était caché
Celui difficile de l’adolescence aride et solitaire forêt d’arbres pâles et clairsemés
Celui de l’amour, de fleurs et de baisers…. Vite disparu dans la sévère réalité du mariage
Celui coloré et douloureux du peintre à la recherche de sa vérité où l’attendait un prince généreux qui a semé mon chemin des pierres précieuses de la création et de la découverte de soi.
Et celui aride des amitiés passagères et trop vite perdues, des douleurs et des devoirs imposés
Juliette
.
La Sèrpe-volante
Il ondule,
se tord au gré de ses haines
de ses caprices,
de ses désirs,
pour joindre ses proies,
les effrayer encore
et encore
la sèrpe vaniteuse
La sèrpe venimeuse
Vêtue de couleurs chatoyantes,
Oranges ou bleues,
elle vole, inattendue,
vole au dessus de nos têtes
levées,
cous tendus
cous tordus
plongeant vers nos cris fuyants,
sa queue fouettant nos larmes
Fouettant nos rires.
Il n’est qu’une sèrpe
Un serpent de papier….
Il est si bon de crier
Si bon d’avoir peur
Les voir lutter et se tordre
Emmêler les queues souples
Aux ailettes de papier
Vrombir dans le vent
Plonger et repartir
Moquant nos peurs
Serpent-volant
Sèrpe-volante
Sèrpe-volaira
Cerf-volant
Juliette
»D'après le dictionnaire de l'Académie française et le dictionnaire de la langue des XIXe et XXe siècles publié par le CNRS en 1977, le mot « cerf-volant » (1669) viendrait de serp-volante, serp étant un mot féminin en ancien français pour désigner un serpent. Le mot serp est d'origine méridionale. En occitan, cerf-volant se dit sèrp-volaira et désigne bien un serpent-volant. Pierre Augustin Boissier de Sauvages (1710-1795) dans son Dictionnaire languedocien-françois »
Par une nuit où la lune ne s’est pas levée…
je suis partie …..dans l’ombre du soir
Une petite phosphorescence allumée entre les herbes…. par empathie m’a suggéré le chemin
Lentement mon regard s’est aiguisé, j’ai distingué les formes mouvantes du vent, elles semblaient me guider elles aussi vers l’est….
S’il le faut je marcherai jusqu’au jour…..,
J’ai croisé d’autres ombres perdues et éperdues,
Nous étions une foule angoissée. Nous ne nous touchions pas, nous effleurant à peine
Nous avancions le pas hésitant, buttant dans des cailloux, heurtant des arbres… griffés par les branches qui s’accrochaient à nos vêtements…. Retardant notre course ….
Seulement guidés par nos petits vers luisants
Nous allions silencieux …. Murmurant à peine des prières, parfois un sanglot sourd, vite réprimé, montait de lèvres tremblantes et glacées vers le ciel horizontal…..
Jusqu’aux premières lueurs espérantes aussitôt suivies de l’or et du flamboiement.du soleil triomphant
Alors nous l’avons vue
Elle était là discrète et pâle, épuisée par une nuit de tendresses… toute ronde de bonheur.
Juliette
pour Papier Libre
Sur la plage
Éblouie de soleil
Devant moi la mer….
Sur le sable humide,
Des pas se forment au ras des vagues…
Elles les lèchent doucement et se retirent
Intimidées un peu, craintives
Les pas semblent fuir lentement…….
Un bois flotté pointe son angle de
Vert, écaillé……
Des petits coquillages roses scintillent
Les pas avancent vers moi, lentement…
Je me retirent doucement.... étonnée…
Il n’y a personne que moi
Et les pas continuent en silence…
Il n’y a pas d’ombre non plus….
Juste ces pas silencieux…
Je me lève, passe derrière l’invisible
Observe les marques
Elles sont normales …
Talon, plante, cinq orteils…
Je les suis,
Mais moi, je ne laisse pas de traces…
On dirait que je flotte, et pourtant
j’entends le sable crisser
il glisse entre mes doigts…
Le ciel est devenu d’un bleu profond
Des petits nuages blancs glissent
Au même rythme lent…..
Pas de vent…..Capitaine
Tout est normal…
La nuit sera belle
La vendeuse de beignets fait des signes
L’odeur est agréable
Je mangerai une glace…..
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