Je n'ai plus de larmes,
mon coeur pleure pour Toi
mon coeur pleure pour Toi
"La mort n'est rien.
Je suis simplement passée dans la pièce à côté.
Je suis moi. Tu es toi.
Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours.
Donne moi le nom que tu m'as toujours donné.
Parle-moi comme tu l'as toujours fait.
N'emploie pas de ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie. Souris. Pense à moi. Prie pour moi.
Que mon nom soit toujours prononcé à la maison.
Comme il l'a toujours été.
Sans emphase d'aucune sorte et sans trace d'ombre.
La vie sign ifie ce qu'elle a roujours sign nfié.
Elle reste ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée,
Simplement parce que je suis hors de ta vue ?
Je t'attends, je ne suis pas loin.
Juste de l'autre côté du chemin
Tu vois, tout est bien."
Charles Peguy
par juliette b.
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MON JOURNAL

Il y a des instants comme cela, si noirs, mais il faut attendre avec calme, ne pas les refuser, les laisser s'user sur notre courage, les assumer et vivre notre patience d'être. Se réfugier en soi-même, au plus profond de sa nuit, jusqu’à ce qu’une petite lumière scintille, qu’un feu follet parcours la lande, en dansant, le suivre des yeux seulement, ne pas vouloir le retenir, il n’est pas porteur de bonheur, il vient des profondeurs méphitiques de la terre.
par juliette b.
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Le Bal…. Je connais…. Ah oui ! je connais et pourtant je ne sais pas danser.
Et je n’ai pas envie, pas du tout d’y aller au bal, je n’en ai jamais eu envie, je suis bien trop timide. L’idée d’être dans les bras d’un garçon que je ne connaissais pas quelques minutes avant, de sentir ses mains sur moi, son souffle sur mon visage (et quel souffle : tabac ? vin ?), ne pas savoir quoi lui répondre, et s’il a l’idée de me draguer… qu’est-ce que je fais.
Ce que je ferais ? je rougirais, j’aurais envie de fuir, de pleurer, je bafouillerais.
Et pourtant j’y suis allée au bal, comme « chaperon » de ma sœur aînée .
Notre mère ne la laissait sortir avec son amie qu’à cette condition, et je ne pouvais refuser, alors j’y allais.
Je mettais ma plus jolie robe, de gamine de 13 ans, pas sexy pour deux sous, je suivais le regard morne, les deux filles m’installaient devant un verre de jus de fruit, et elles s’envolaient dans les bras de leurs cavaliers.
Je les regardais, valse, tango, slow, rock, je voyais ces jeunes gens tourner, virevolter, sauter. devant moi jusqu’à la fin de la soirée.
Un jour, pour la dernière danse, toute la salle s’est précipitée sur la piste, sauf moi bien sûr et un jeune homme.
J’étais terrorisée, pourvu qu’il ne m’invite pas.
Eh bien si ! il est venu. Il avait au moins trente ans,
un vieux quoi, pourtant blond, agréable, gentil….
« NON, non, je ne veux pas ».
Je secouais la tête, il insistait, quelle torture.
Enfin il est parti. Le bal a pris fin, et nous sommes rentrées.
Au retour, j’ai dit à ma sœur en pleurant que je ne voulais plus l’accompagner, c’était trop humiliant, terrorisant même.
Les deux filles ont trouvé une solution. Elles me déposaient dans un cinéma « permanent », et je voyais le film deux ou trois fois, jusqu’à ce qu’elle viennent me rechercher. Parfois il fallait que je les attende dehors dans la nuit.
Notre mère, qui connaissait sa fille m’interrogeait au retour sur le comportement de son aînée, si elle n’était pas sortie avec un jeune homme, si elle se tenait bien, etc ….
Je n’ai jamais rien dit, et pourtant c’était une vraie corvée.
Et je ne sais toujours pas danser, je le regrette parfois, ce doit être agréable, mais…si l’homme me serrait de trop près, s’il me chuchotait des balivernes à l’oreille ? je ne rougirais plus, ni ne pleurerais, bien sûr, mais non, je n’aimerait pas ça…..
juliette
par juliette b.
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LA TABLE DE PIERRE DU JARDIN
Les plus beaux moments de mon enfance, se sont passés dans le jardin de mes grands-parents.
Je n’y allais que pour les vacances, et le soir, on mangeait dehors, à la fraîche.
La table du jardin m’enchantait. On l’appelait LA TABLE DE PIERRE. Elle avait été faite d’une énorme meule de grès, posée sur un pied unique en ciment. Elle avait été apportée là par mon grand-père, qui avait toujours des idées ingénieuses et originales. Elle était assez grande pour que nous puissions y manger à cinq.
J’aimais le grain serré du grès, un peu irrégulier, usé par le temps et les intempéries, râpeuse sous les doigts. Pour manger mémé Léonie y étendait une nappe damassée blanche, et je l’aidais à mettre le couvert.
J’étais si petite qu’il me fallait deux coussins pour l’atteindre, et même ainsi mon menton arrivait au ras.
Elle était placée à côté du poulailler, construit en briques , et en mangeant on regardait les poules et le coq s’ébattrent avec les lapins.
C’était un monde merveilleux. J’y venais jouer, et plus grande, lire …. ce que je trouvais au grenier . J’y ai fait une « orgie » de Delly, jusqu’à ce que j’en fasse une over-dose… pour le reste de ma vie.
Plus tard, la maison fut vendue.
Un jour, je suis retournée dans mon village, et à pas de loup, subrepticement, j’ai pénétré dans le jardin, le cœur battant : « elle » était toujours là, un peu solitaire, « trônant » comme une antiquité sur la pelouse nue.
Lossature du poulailler était là elle aussi, mais vide d’habitants.
Silencieuse et émue, j’ai regardé, écouté un long moment : les rires, les jeux, la grande et belle voix de mon grand-père nous contant des histoires ou tonnant contre ceci ou cela , l’odeur des plats délicats de Léonie, les choux à la crème de la grand-mère Alice, tout est revenu dans un mirage du temps passé.
Juliette
Les plus beaux moments de mon enfance, se sont passés dans le jardin de mes grands-parents.
Je n’y allais que pour les vacances, et le soir, on mangeait dehors, à la fraîche.
La table du jardin m’enchantait. On l’appelait LA TABLE DE PIERRE. Elle avait été faite d’une énorme meule de grès, posée sur un pied unique en ciment. Elle avait été apportée là par mon grand-père, qui avait toujours des idées ingénieuses et originales. Elle était assez grande pour que nous puissions y manger à cinq.
J’aimais le grain serré du grès, un peu irrégulier, usé par le temps et les intempéries, râpeuse sous les doigts. Pour manger mémé Léonie y étendait une nappe damassée blanche, et je l’aidais à mettre le couvert.
J’étais si petite qu’il me fallait deux coussins pour l’atteindre, et même ainsi mon menton arrivait au ras.
Elle était placée à côté du poulailler, construit en briques , et en mangeant on regardait les poules et le coq s’ébattrent avec les lapins.
C’était un monde merveilleux. J’y venais jouer, et plus grande, lire …. ce que je trouvais au grenier . J’y ai fait une « orgie » de Delly, jusqu’à ce que j’en fasse une over-dose… pour le reste de ma vie.
Plus tard, la maison fut vendue.
Un jour, je suis retournée dans mon village, et à pas de loup, subrepticement, j’ai pénétré dans le jardin, le cœur battant : « elle » était toujours là, un peu solitaire, « trônant » comme une antiquité sur la pelouse nue.
Lossature du poulailler était là elle aussi, mais vide d’habitants.
Silencieuse et émue, j’ai regardé, écouté un long moment : les rires, les jeux, la grande et belle voix de mon grand-père nous contant des histoires ou tonnant contre ceci ou cela , l’odeur des plats délicats de Léonie, les choux à la crème de la grand-mère Alice, tout est revenu dans un mirage du temps passé.
Juliette
par juliette b.
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Degas : l'Absinthe
Ce matin, je me suis réveillée, avec un poids sur la poitrine.
Ce n’était pas Léo, mon petit chat, non, il a passé sa nuit sur un radiateur, je la connais bien cette sensation, depuis si longtemps.
Rester couchée, non impossible, je fuis le lit.
Peut-être debout ça passera , l’angoisse glissera le long de mon corps … mais non! elle m’étouffe toujours, je mets la main sur ma gorge…peut-être boire en thé bien chaud, manger, mais mon estomac est noué. Je ne peux pas.
Faire quelque chose à tout prix, .. un bain bien chaud, Ah ! que c’est agréable cette brûlure…il me semble que je suis mieux.
Mais non, à peine debout, elle est de nouveau là, Madame l’Angoisse, que faire, sortir .
Mais il faut être là pour le repas, surtout n’en pas parler, l’incompréhension me rejettera encore plus bas.
Je mange en silence, simulant un certain sourire, pressée d’en finir. Regarder un peu la télévision : tous les malheurs du monde me font souffrir, le Bingladesh, le Chili, les enfants perdus, violés… je participe, je comprends, mais mon angoisse ne me quitte pas pour autant.
Je sors, je vais marcher au travers du Petit Bois voisin. Attention, bien regarder si un tronc d’arbre ne cache pas un inconnu inquiétant.
Pas aujourd’hui.
Enfin le Grand Magasin, je traîne dans les rayons, de jupes en pantalons et colifichets, de violet en pourpre, rien n’arrête mon regard, pas une seule petite folie à faire.
La cafeteria, peut-être ?
Non, je ne mangerai pas de gâteau…. je prends pourtant un "Succès", et demande un thé. J’y vide les deux le sachet de sucre en poudre.
Je mange mon gâteau rapidement, je me brûle avec le thé, et je fuis, vers la maison.
Rien à y faire aujourd’hui. Rien envie de faire .
Et si je descendais en ville….., déjà se dessine en moi l’image du petit café, juste à l’angle de la rue de la Baleine. Mais non, je n’irai pas… et pourtant je sais bien, je le sais depuis ce matin, de l’alcool desserrerait cet étau, je deviendrais légère.
Je serais bien…
Je suis bien.. j’ai bu.
Juliette
Ce n’était pas Léo, mon petit chat, non, il a passé sa nuit sur un radiateur, je la connais bien cette sensation, depuis si longtemps.
Rester couchée, non impossible, je fuis le lit.
Peut-être debout ça passera , l’angoisse glissera le long de mon corps … mais non! elle m’étouffe toujours, je mets la main sur ma gorge…peut-être boire en thé bien chaud, manger, mais mon estomac est noué. Je ne peux pas.
Faire quelque chose à tout prix, .. un bain bien chaud, Ah ! que c’est agréable cette brûlure…il me semble que je suis mieux.
Mais non, à peine debout, elle est de nouveau là, Madame l’Angoisse, que faire, sortir .
Mais il faut être là pour le repas, surtout n’en pas parler, l’incompréhension me rejettera encore plus bas.
Je mange en silence, simulant un certain sourire, pressée d’en finir. Regarder un peu la télévision : tous les malheurs du monde me font souffrir, le Bingladesh, le Chili, les enfants perdus, violés… je participe, je comprends, mais mon angoisse ne me quitte pas pour autant.
Je sors, je vais marcher au travers du Petit Bois voisin. Attention, bien regarder si un tronc d’arbre ne cache pas un inconnu inquiétant.
Pas aujourd’hui.
Enfin le Grand Magasin, je traîne dans les rayons, de jupes en pantalons et colifichets, de violet en pourpre, rien n’arrête mon regard, pas une seule petite folie à faire.
La cafeteria, peut-être ?
Non, je ne mangerai pas de gâteau…. je prends pourtant un "Succès", et demande un thé. J’y vide les deux le sachet de sucre en poudre.
Je mange mon gâteau rapidement, je me brûle avec le thé, et je fuis, vers la maison.
Rien à y faire aujourd’hui. Rien envie de faire .
Et si je descendais en ville….., déjà se dessine en moi l’image du petit café, juste à l’angle de la rue de la Baleine. Mais non, je n’irai pas… et pourtant je sais bien, je le sais depuis ce matin, de l’alcool desserrerait cet étau, je deviendrais légère.
Je serais bien…
Je suis bien.. j’ai bu.
Juliette
(Sur une consigne de "Papier Libre" "Comment peut-on en arriver là")
Mon histoire est vraie sauf que ce jour là il m'a suffit d'une crèpe bien arrosée de grand Marnier pour faire surface.... sourire
Je ne bois jamais d'alcool
par juliette b.
publié dans :
MON JOURNAL
