BIENVENUE
LE MONDE DE JULIETTE :
une LAURE DES ARTS
Une Laure, ou Lavra en grec, est un monastère. Un lieu où l'on médite, seule dans sa cellule, pour créer pour sa foi avant de communiquer avec le monde.
Ma cellule est mon atelier de peintre, ma foi, c'est l'art, tous les arts, et j'ai la chance de créer en peinture, pour raconter une histoire, la mienne, où en filigrane apparaîtra un visage.
J'espère (et la foi est aussi espérance) que vous la devinerez, que vous aimerez ce visage inlassablement répété, toujours identique, toujours différent, qui d'un outre-monde vous parle de l'amour, de la paix du coeur et d'espérance.
J'essaierai de vous faire partager mes bonheurs de peintre, mes grandes craintes, mes petites joies, mes déceptions. Vous les imaginerez au travers de mes toiles, vous les jugerez aussi.
Je vous dirai aussi mes coups de coeur: livres, poésies, et peut-être des récits, des poèmes d'amis, de moi.....

mes autres blogs :
orchis-mauve
http://papierlibre.over-blog.net
la pause de Peter HoiwsonIls sont sortis pour la pause....le temps de souffler un peu.
Ils s’asseoient toujours là, sur ce coin d’herbe. Dans le lointain, on voit le faubourg de leur petite ville.
Louis parle de sa fille qui ne trouve pas de travail :
« Toi Pierre, tu ne pourrais pas l’aider ,avec le syndicat ? il paraît qu’il y a une place de réceptionniste, ma gosse elle est débrouillarde »
»Je vais voir « répond Pierre., c’est peut-être possible… »
Tout le monde l’aime bien, gentil, serviable, jamais un mot plus haut que l’autre, et pourtant il n’a pas la vie facile chez lui :
Jeanne, sa femme, est jalouse, elle ne le quitte jamais des yeux, le suit partout.
A la pause, elle est là, près de lui.
C'est qu'elle se méfie d’Yvette, celle qui essaie, avec son sac, de protéger du soleil son teint de blonde.
Elle s’assied toujours à côté, à le toucher, avec un air innocent... L’Yvette qui aime les bijoux.
« Allez savoir, son collier, elle dit que c’est un ami qui le lui a offert. Son ami, c’est qui ?
Ce serait pas mon Pierre des fois ?
Paul, lui, derrière la Jeanne, lorgne ses gros seins. Il la trouve pas mal, il aimerait bien la caresser un peu. Mais c’est qu’elle n’est pas facile ! Elle t’envoie une gifle de ses grosses mains, avant que tu aies eu le temps de dire : Ouf!
Et puis il a la Marthe, sa femme, faut s'en méfier … pour l’instant elle parle avec Louis qui voudrait caser sa fille.
Cette noiraude..... On se demande où il est allé la chercher, le Paul, elle n'est pas de chez nous cette fille, avec ses cheveux crépus. Mais pas méchante, même serviable
Bon ça va être la fin, on y va ? dit Pierre. C’est toujours lui qui donne le signal.
« A tout à l’heure les gars, à demain les femmes. »
Juliette
par juliette b.
publié dans :
Papier Libre

Les mots errants
se croisent étonnés
se suivent à petits pas,
d'un sourire charment
et caressent timides
s'égaillent
se fuient et se cherchent
offrent une fleur légère
ou chatoyante aimée
apprivoisent de phrases
plus audacieuses
plus douces
amoureux malgré eux
ne peuvent se quitter
sans avoir essayé
l'harmonie parfaite
de paroles hasardées,
de paroles hasardeuses
pour parvenir enfin
au terme de leurs ébats
lassés de trop d'amour
et de baisers volés
à un poème ailé
délaissé sur la page
aux vents de leur oubli
jb
Copyright © juliette beaudroit
pour Écriture Ludique
(communauté à laquelle je viens de m'inscrire)
se croisent étonnés
se suivent à petits pas,
d'un sourire charment
et caressent timides
s'égaillent
se fuient et se cherchent
offrent une fleur légère
ou chatoyante aimée
apprivoisent de phrases
plus audacieuses
plus douces
amoureux malgré eux
ne peuvent se quitter
sans avoir essayé
l'harmonie parfaite
de paroles hasardées,
de paroles hasardeuses
pour parvenir enfin
au terme de leurs ébats
lassés de trop d'amour
et de baisers volés
à un poème ailé
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jb
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par juliette b.
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POÉSIE
LES TISSUS
Un peintre désire toujours évoluer....
Quand une idée a été illustrée par tous les tableaux qui me sont venus à l'esprit, en somme une "déclinaison sur le thème",
mon imagination, à la suite de mon regard, se pose sur ce qui m'entoure, sur ce que je vois, ce qui m'attire...
Cette série-ci été inspirée par les tissus ........

femmes au fichus
(je les avais appelée "les afganes")
c'était bien avant que l'on voit dans les rues et dans
les écoles ces femmes qui cachaient leur féminité et leut bauté sous ces voiles souvent noirs et sans charmes.
c'était bien avant que l'on voit dans les rues et dans
les écoles ces femmes qui cachaient leur féminité et leut bauté sous ces voiles souvent noirs et sans charmes.


1- daùes au lit
2- chamins du sommeil


3- dame au manteau
4- la visiteuse
l'annonciation
complicité
comme toujours les regards sont importants, soit par leur absence,
soit par l'intensité de leur expression, soit par leur froide contemplation

les trois servantes
Elles sont toujours silencieuses et attentives, calmes,
présentes et absentes
Copyright © juliette beaudroit
présentes et absentes
Copyright © juliette beaudroit
par juliette b.
publié dans :
ETRE PEINTRE

......ELLE exposera bientôt., chez Claudia G., une galeriste généreuse qui accueille les jeunes peintres dont elle devine le talent naissant.
En compagnie de cette nouvelle amie, elle visite un Salon. Claudia veut lui présenter, deux amis critiques « Oh Non ! je serai trop intimidée ! »-« Ils sont si aimables, Venez !
On ne résiste pas à Claudia.
Deux messieurs se retournent l’un petit et mince au regard affuté de renard, l’autre……grand, œil bleu, nez aquilin, une fière allure. Ils s’écrient en chœur, « Mais bien sûr, une si jolie femme, nous irons voir ses tableaux et ils l’embrassent tour à tour. Rougissante, émue, elle sourit et s’enfuit derrière Claudia. « Vous voyez bien qu’ils sont gentils mes Critiques. » Et tout aussi autoritaire, venez à mon prochain vernissage, je présenteraii quelques-unes de vos toiles et vous resterez pour le repas. IL sera là.
ELLE est en bout de table, mais elle l’entend rire, discuter, faire des déclarations enflammées au peintre, à la fille de Claudia, raconter des histoires osées. Il est le centre de ce petit monde, le roi de la fête. Ils l’appellent Baron.
Elle doit rentrer chez elle, mais elle ne veut pas les quitter ainsi, elle lui tend la main qu’il baise délicatement avec un regard appuyé de ses yeux bleus, qui disent….beaucoup de choses
Elle est partie, rêveuse.
Les semaines ont passé. Comment le retrouver ? Il paraît qu’il reçoit les artistes dans sa pharmacie.
Elle vient avec ses deux dernières toiles. Il ferme la porte derrière elle, la fait asseoir et très professionnel détaille son travail « Pourquoi peindre avec si peu de peinture, nourrissez un peu votre matière, mais les corps sont beaux, un peu maladroits, qui pose pour vous.
Elle est un peu gênée : « c’est moi »- « Ah ! «
Cette exclamation ravie l’a fait rougir. « je n’aurais pas dû le lui dire, que va-t-il penser »
IL consulte son agenda, « je viendrai mardi après-midi visiter votre atelier »
« Merci ! », cela sous entend beaucoup, elle le sait,
Il est venu, il est là, dans son grenier, il l’emplit tout entier de sa taille, de sa voix de son rire, il regarde, déplace les toiles, « continuez ! c’est bien, mais enrichissez un peu votre matière ».
Ils reviennent au salon, elle lui offre un raffraihissement, il parle, il sait tant de choses sur tout les arts, il a un éclair de plaisir dans les yeux quand elle lui dit aller à l’Opéra,elle aussi , elle parle d’une voix passionnée du dernier spectacle : Pélléas et Mélisande », qu’elle a tant aimé
Il se lève pour partir, elle a préparé une bouteille de wiskey pour le remercier, il sourit de bonheur et brusquement la prend par les épaules et l’embrasse sur la bouche, avec talent.
Elle sourit timide et silencieuse, mais elle ne refuse pas le baiser.
« Je reviendrai la semaine prochaine »
IL est revenu, il est là, dans l’atelier il l’attire vers lui, et l’entraîne sur le lit qui est là pour les amis. Il défait corsage Par goût elle s’habille légèrement, elle porte le minimum de sous-vêtement, pour le plaisir, pour la liberté des mouvements,
« Mais tu es toute nue, c’est pour moi ? » - « Non, ! elle rit, je suis toujours habillée comme ça »
Il la caresse savamment, faisant naître en elle un désir impérieux, elle s’offre, il l’amène au plaisir, ils jouissent ensemble en mêlant leurs voix.
Ils sont restés longuement ainsi enlaçés.
Il parle « tu es douce….tu as eu du plaisir » - Elle murmure « Oui » avec un sourire comblé.
« Que tu es belle, j’aime tes yeux, tes cheveux, ton corps »
Surtout oublier qu’il dit ça à d’autres, cela n’a pas d’importance, elle accepte une petite place dans sa vie.
Il sera son guide en peinture, son professeur en amour, il lui a ouvert les portes d’une grande galerie de la ville. Pour ne pas le décevoir , elle a peint avec passion, des toiles tendres et silencieuses, à la technique plus affirmée. Cela a été une réussite.
Elle, la silencieuse, la timide, n'a plus de blocage avec lui,; Elle défend ses opinions, ses goûts....
Il l'écoute toujours avec attention et conclut : "en fin de compte, nous sommes du même avis" et cela semble lui faire un grand plaisir comme tout ce qui les unit. Ils sont en harmonie....et veulent l’être
Pendant des années ils se sont vus chaque semaine, il lui écrit souvent des lettres qu’elle va chercher poste restante. Elles se termine toutes par « je te mets nue et je te caresse »
Un jour, après des mois de échanges tendres et riches de complicité, il a dit avec un regard tendre « tu es la seule maintenant, je t’aime, il n’y a plus que toi dans ma vie »
Dans un mouvement de gratitude, elle s’est réfugiée dans ses bras, sans rien dire.
par juliette b.
publié dans :
MON JOURNAL
Le critique d'art et la femme peintre
LUI
Il marche, il marche à grands pas, il a fière allure. Parfois il a sa pipe à la bouche. Son regard bleu est à l’affût de la vie, d’une scène de rue, d’une jolie fille. Il salue au passage des commerçants, des connaissances, car il est très connu, le pharmacien de la TÊTE D’OR.
Mais ce n’est pas l’apothicaire (comme il dirait plaisamment) qui va vers le centre , c’est le Critique d’Art, l’amoureux de la peinture dont les poches sont garnies de cartons d’invitation, d’un carnet pour écrire et un stylo Bic.
Enfin il pousse la porte d’une galerie, il est accueilli avec des sourires, une crainte aussi, mais on connaît ses habitudes, et on le laisse seul devant les toiles. C’est qu’il en impose « le Baron », par sa taille, son allure de grand seigneur, sa voix forte, sa culture . Et ce surnom il le porte fièrement.
Son regard aigü passe longuement sur chaque toile, il s'arrête les mains dans le dos, souligne sa pensée d'un hochement de tête. Il parle dans le silence respectueux pour avoir des informations sur le peintre, prend des notes puis part après avoir dit quelques mots, promettant un article toujours.
Si la galerie est tenue par un ami, il parle surtout des nouvelles du monde artistiques, raconte une anecdote souvent assez légère, osée. Lorsqu’il porte un jugement il est toujours sincère. Il a donc des ennemis, mais il n’en a cure.
Il se dit lui-même « sévère mais juste » en souriant. Ses articles sont attendus chaque semaine, il a une demi-page dans le journal le plus important de la ville, on le lit religieusement, il aime qu’on le remercie.
Une fois son « devoir » remplit, il va boire un verre de bière ou un café avec le galeriste, le peintre, très heureux si s’il s’agit d’une jolie fille, qu’il va aussitôt courtiser, prêt à tenter sa chance.
C’est un agitateur d’idées, président d’associations culturelle ou artistiques, toujours prêt pour un discours à la fois savant et humoristique. Il a la dent dure pour ses ennemis, et ne craint aucune autorité. C’est un gagneur, et s’il fait partie d’un jury, c’est son choix qui doit être accepté.
Il se dit monarchiste-catholique, mais défend avec vigueur le droit des opprimés, a toujours la main sur le cœur et sur son portefeuille pour aider. Il achète des toiles même s’il sait qu’elles n’auront pas d’avenir, bien qu’il sente un peu de talent.
Par contre il s’est fait une belle collection d’Art contemporain, les plus grands noms sont sur ses murs, sur deux ou trois rangs.
Avec son épouse, petite trotte-menue, bavarde et affable, aussi
cultivée que lui, ils ont visité les grands Musées d’Europe et sont allés même jusqu’à New-York.
Sa bibliothèque de livres d’art est très riche. C’est aussi un grand amateur de musique contemporaine et classique qu’ils vont écouter souvent .
Il semble avoir tout entendu, tout vu de ce qui fait le monde artistique
Il aime visiter les ateliers de peintre, s’installe confortablement devant un verre de wiskey, gourmand de tout, des œuvres, de la vie. Il conseille rarement, laisse tomber une réflexion, une remarque que le peintre méditera pour deviner la pensée du critique.
Si c’est une jolie fille, il tente sa chance, la caresse d’un regard gourmand, la bouscule sur un fauteuil, en grand amoureux.
Elle n’aura pas un meilleur « papier » de lui pour autant. Elle pourra devenir sa maîtresse pour quelques mois, en concurrence avec une ou deux autres.
Pourtant c’est un être fragile qu’une méchanceté publiée ou portée par le bouche à oreille transforme aux yeux de ses proches en un homme prostré pendant des jours, « colosse aux pieds d’argile » que le suicide peut hanter
Puis la vie reprend le dessus et il repart par les rues, à la recherche de beauté, de nouveauté, de découvertes.
ELLE
Elle est dans son grenier, elle peint, à la lumière d’une forte lampe, l’hiver elle doit s’emmitoufler, l’été elle est épuisée de chaleur, mais elle peint toujours, en se rafraîchissant ou se réchauffant d’une tasse de thé. Le temps passe, elle oublie tout, l’heure du repas !!! ….se précipite dans l’escalier pour mettre en route ce qu’elle avait prévu dès le matin.
Un quart d’heure après, elle sourit aux enfants, et s’assied en face de son mari, en veillant à la bonne tenue à table. Lui la regarde peu, toujours pour une critique parfois si dure qu’elle en eut autrefois les larmes aux yeux.
Ce qu’il préfère, c’est la litanie de ses défauts, elle est très longue....., mais ce ne sont pas toujours les mêmes. L’idée lui est venue d’en prendre note, et lorsque a recommencé la séance de dénigrement, elle a sorti sa feuille, rajouté le nouveau défaut et signalé : « tu as oublié celui-ci.....celui-là. »
Cela a été le meilleur moyen d’y mettre fin.
Elle a aimé gagner, et s’est sentie plus forte à ce moment là.
Elle n’en est pas moins très fragile, n’a personne à qui se confier, pas d’amie, ou si peu et jamais longtemps, pleure parfois de solitude. La chatte siamoise, Câline la bien nommée, est sa confidente. Elle lui chuchote à l'oreille des mots de tendresse, en réponse aux ronronements. C'est son animal préféré pour son mystère, son silence, sa fierté.
La musique qu’elle écoute sans interruption, la lecture, en dehors de ses longues heures de peinture meublent aussi sa vie. Elle aime les jours où seule avec les enfants, elle organise une soirée-crêpes, quand par chance le mari est en voyage, ce qui arrive souvent.
Elle s’était promis un jour de désarroi « je serais peintre » et ne perd jamais son but de l’esprit, note ses idées sur des feuilles volantes, d’un mot ou d’un croquis. Elle travaille tous les jours pour atteindre le moment où elle pourra présenter à une galerie ou un critique des toiles dont elle n’aura pas honte.
Elle n’a rien appris de ce métier, et il lui a fallu de longues années pour se créer une technique personnelle, ce dont elle est fière, sans le dire.
Elle s’est habituée à cette vie en marge, persuadée que malgré tout, elle est aimée, malgré sa dureté. Mais le hasard lui a mis entre les mains un brouillon de lettre qui lui a révélé l’existence d’une autre. Elle a crié, pleuré, il n’avait pas le droit, jamais elle, n’aurait fait cela. Il a ri.
Un jour, lasse de sa vie, elle a fait tomber les barrières invisibles qui l’entouraient, est sortie de chez elle, pour des vernissages, toujours discrète et souriante. Elle aime plaire, s'habille avec soin et originalité, parfois un peu provocante. Elle est très mince, aime son corps. Le mauve devient sa couleur fétiche. Elle fume de longues cigarettes.
Elle n’a plus refusé les hommages du regard des hommes, a accepté un baiser, une caresse, un premier amant.
Ils se sont quittés assez vite, elle a souffert, comme elle souffrira chaque fois, mais toujours elle cherchera à être aimée.
On l’a surnommée « la chatte », douce et ronronnante mais à la griffe prompte et inattendue. Cela la fait sourire, mais elle reconnaît qu’elle a la colère facile, mais courte, parfois injuste, puis très vite redevient souriante et s’excuse.
La seule chose dont elle est sûre, maintenant sa vie est entre ses mains, malgré toutes les difficultés, elle sera ce qu’elle a décidé : un peintre, libre d’aimer, d’agir et de décider.
Elle le sait, ce ne sera pas facile, mais elle aime les difficultés, elle aime gagner.
Juliette
par juliette b.
publié dans :
ETRE PEINTRE
