Texte Libre

 
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LE MONDE DE JULIETTE :
une LAURE DES ARTS



Une Laure, ou Lavra en grec, est un monastère. Un lieu où l'on médite, seule dans sa cellule, pour créer pour sa foi avant de communiquer avec le monde.

Ma cellule est mon atelier de peintre, ma foi, c'est l'art, tous les arts, et j'ai la chance de créer en peinture, pour raconter une histoire, la mienne, où en filigrane apparaîtra un visage .

  J'espère (et la foi est aussi espérance) que vous la devinerez, que vous aimerez ce visage inlassablement répété, toujours identique, toujours différent, qui d'un outre-monde vous parle de l'amour, de la paix du coeur et d'espérance.

J'essaierai de vous faire partager mes bonheurs de peintre, mes grandes craintes, mes petites joies, mes déceptions. Vous les imaginerez au travers de mes toiles, vous les jugerez aussi.

Je vous dirai aussi mes coups de coeur: livres, poésies, et peut-être des récits, des poèmes d'amis, de moi.....



secret.jpg

mes autres blogs :
Little Prince
Orchis-mauve
http://papierlibre.over-blog.net  

Dimanche 9 décembre 2007


Au-dela-de-la-porte.jpg

Au Nord, mon jardin est clos d’un grand mur blanc.
Il n’est pas triste ce mur, je l’ai décoré d’amphelopsis au feuillage roux.
Parfois, des voix lointaines et douces, chantent, disent l’espoir, l’évasion.
Ma chatte blanche s’asseoit sur le faît,
« ‘’ Petite Rose ‘’ que vois-tu ? »
Elle tourne vers moi son regard vert et sibyllin , mais ne révèle rien.
J’imagine :
Une prairie fraîche, givrée parfois par la rosée du matin, quelques roses dans l’automne finissant, au pied du sapin dont je vois les dernières branches, un banc doit m’attendre.

Je m’approche doucement, une voix murmure :

« Elle fait oublier
l'obscurité
pour grandir dans la lueur
d'une passion,
elle est le fruit mûr
exquis
qui envoûte mon cœur
de son parfum sucré.... »

Alors, je pousse la porte : Il est là,
l’inconnu dont j’entendais le pas dans le silence de mes nuits,

Oui, ce mur avait une porte, je ne vous l’avais pas dit.  Tous les murs ont une porte, il faut savoir  la trouver

Juliette
"écrit pour la dernière consigne de "Papier Libre"
par juliette b. publié dans : POÉSIE
Mardi 4 décembre 2007


esperantes-copie-1.jpg
30 Septembre 2007

Je me réveille avec déjà en tête, comme si cette pensée ne m’avait pas quittée pendant la nuit, le tableau en cours. Je dois le terminer aujourd’hui, absolument. Je me le suis promis.

C’est ce que j’appelle une « Fresque » (sans rapport avec le travail « à la fresque »)

Je sais déjà son titre, il est venu en peignant :
LES ESPÉRANTES

Mon modèle est en moi, je le répète depuis si longtemps….
C’est un visage disparu, mais toujours présent, et suivant les jours il s’éloigne, ou se laisse facilement apprivoiser par le pinceau et devient : Elle.

C’est une suite de visages de face, de profil, de dos. Elles sont brunes ou plus blondes, cheveux très courts, mi longs ou nattés. Elles sont identiques mais différentes (c’est peut-être absurde, mais je les sens ainsi).
A un certain, moment j’ai suspendu mon geste, …. C’est bien ainsi, je n’irai pas plus loin.

J’ai peint un fond sombre… puis je l’ai recouvert de papier transparent, en le froissant un peu.
Aujourd’hui, le tableau doit arriver à sa conclusion, être enfin lui, tel que je l’ai senti depuis le début.

Les parties non peintes seront enduites. C’est la technique de la « Cire chaude », connue depuis les égyptiens. Nous sommes peu, je crois à la pratiquer encore.
Le liquide est brûlant et je le travaille avec un pinceau, rapidement, avant qu’il refroidisse, créant des reliefs, des plissures, des éclaboussures.
Bien gérer mon geste, pas de mouvement nerveux qui tacherait un visage.
Se contrôler, être dans le tableau, entièrement sans pensée autre qu’ ELLE….ELLES, étrangères et semblables, silencieuses et appelantes, uniques et multiples, lointaines, si lointaines, désespérément ….

C’est terminé, la fièvre retombe. Je me recule, …. Oui… peut-être…une petite retouche ici, bien se contrôler, toujours.

Être sage, attendre cet après-midi, le verdict tombera de mon regard, de ma pensée, de ma mémoire, de mon besoin :
« LA peindre une fois encore, une fois de plus ».

J’appose ma signature sous forme  de mes initiales.
Je le retourne et écrit son titre, sa date, mon nom.

J’éprouve une certaine jouissance en cet instant, comme un devoir accompli….. jusqu’au prochain tableau, qui commence déjà à se lever en moi… toujours une femme au regard appelant et…. Je ne sais pas encore.
Je vais jusqu’à ma réserve de châssis, j’en choisi deux, celui-ci ou celui-là, le plus grand ? Oui, non.
L’hésitation commence, un peu de fièvre, déjà une crainte de ne pas avoir  »l’Idée »…. Je descends de l’atelier, le regard un peu ailleurs, tourné vers les jours, les semaines suivantes, faisant défiler dans ma tête tous les projets qui m’ont traversé l’esprit.
« Arrête-toi là, ne pense plus, oublie la peinture jusqu’à demain. ».
Je cherche un dérivatif auprès de  mes orchidées. Une à une, elles commencent leur floraison, des tiges portant un petit bouton commencent à poindre. Je les caresse légèrement, chacune aura son mot gentil, même celle qui n’offre encore aucun signe. Je l’encourage, la console d’être en retard .

J’ai photographié le tableau pendant que la lumière était encore bonne.

Avant de me coucher, je remonte le voir, avec la crainte de la déception, je l’amène à la lumière d’un projecteur, je sais que s’il soutient ma critique dans cet éclairage, je pourrai dormir tranquille. Sinon, ce sera le désespoir… comme je le dis en plaisantant « la terre s’arrêtera de tourner »…


Juliette Beaudroit
Copyright © juliette beaudroit



par juliette b. publié dans : ETRE PEINTRE
Samedi 1 décembre 2007




C’est le matin.
Je suis installée dans mon lit, j’ai bu ma tasse de thé vert, « Petite Rose » vient s’installer contre moi, je la caresse, je réfléchis….. je pense….
J’ai dans la tête des mots qui tournent, virent, s’échappent… Un premier vers… il était venu me visiter hier soir, comme  un ami, mais il vagabonde de ma mémoire au bout de mes doigts, m’échappe.

Je l’emprisonne dans mon filet à mots-papillons, et je le pose sur la page.
Aussitôt  un autre vers le rejoint, en entraînant deux puis trois.

Vite la seconde strophe, le thème est là, il faut l’adoucir, le teinter, le poncer, lui donner plus de sens, ne pas aller trop vite, laisser traîner un verbe, l’effacer, le reprendre, le repousser plus loin

Ne pas oublier mon thème. C’est TOI, encore, TOI chanté, TOI aimé.  Apprécieras-tu ?
Il faut se relire, un mot se répète plus loin, en trouver un autre, où est-il ? il ne veut pas venir, il est pourtant tout près, il se cache… laissons un moment.

Relire la suite, elle est bonne. Je pourrais peut-être écrire la fin.
Oui, elle  vient sur ma page déjà noircie et raturée, mais il reste une étendue vierge,  où je pose des mots sans réfléchir, vite, très vite , c’est cela que je voulais…..et le dernier vers est arrivé dans sa glissade heureuse.
Voilà !

Se relire, avec crainte, et cruauté, ne pas hésiter à biffer.
Toujours ce mot me manque, il n’a pas de sosie,  tant pis je supprime le vers…
Mais cela est mieux ainsi.

Je pose la feuille écrite, raturée,  surchargée, presque illisible à côté de « Petite Rose » ronronnante, indifférente.
Ce soir, demain, tout à l’heure, je relirai, peut-être ce sera, peut-être pas.
Il faut attendre que les mots fassent connaissance, s’apprivoisent, s’aiment.

Alors ce sera un poème.

juliette b

proposition n°25   d'Écriture Ludique

par juliette b. publié dans : POÉSIE
Mardi 27 novembre 2007
menines2.jpg"les Ménines" inspirée par Vélasquez
(cette toile fait 2m. par 2m.)

Je reviens vous parler de ma peinture, nous l'avons laissée au moment où je peignais encore très "lisse",  et "maigre", au point que l'on voyait la trame de la toile....

209labague.jpg
227couple.jpg






la bague

                                                         le couple
                                                 (je reconnais que le garçon est un peu efféminé)


Ce que me reprochaient les critiques.
"Ça manque de matière  !"

222bonnesconsciences.jpg
212oiseaupudique.jpg








la médisance

                                                                                    l'oiseau pudique

J'ai toujours aimé m'améliorer, Donc je'ai essayé, non sans souffrances (sourire) en m'aidant de médium,...

216demandeused-emploi.jpg






Il y eu des ratages, des désespoirs, voici le résultat.






                  la demandeuse d'emploi (acheté par la ville de Lyon)

Ce n'est pas la meilleure partie de ce que j'ai créé, mais il fallait en passer par là.

207-oiseaubleu.jpgmedee.jpg









oiseau bleu                                                                             Médée
J'en était d'accord.

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                                               les trois soeurs

Comme vous pouvez le voir, les fonds sont devenus "un peu nuagistes", j'ai utilisé des reproductions de tissus (inventés)

QU'EN PENSEZ-VOUS ?
Juliette

215orientales.jpg
par juliette b. publié dans : ETRE PEINTRE
Samedi 24 novembre 2007


painting-absinthe-degas2.jpgDegas : l'Absinthe


Ce matin, je me suis réveillée, avec un poids sur la poitrine.
Ce n’était pas Léo, mon petit chat, non, il a passé sa nuit sur un radiateur, je la connais bien cette sensation,  depuis si longtemps.

Rester couchée, non impossible, je fuis le lit.
Peut-être debout ça passera , l’angoisse glissera le long de mon corps … mais non! elle m’étouffe toujours, je mets la main sur ma gorge…peut-être boire en thé bien chaud, manger, mais mon estomac est noué. Je ne peux pas.

Faire quelque chose à tout prix, .. un bain bien chaud, Ah ! que c’est agréable cette brûlure…il me semble que je suis mieux.
Mais non, à peine debout, elle est de nouveau là, Madame l’Angoisse, que faire, sortir .

Mais il faut être là pour le repas, surtout n’en pas parler,  l’incompréhension me rejettera encore plus bas.
Je mange en silence, simulant un certain sourire, pressée d’en finir. Regarder un peu la télévision : tous les malheurs du monde me font souffrir, le Bingladesh, le Chili, les enfants perdus, violés… je participe, je comprends, mais mon angoisse ne me quitte pas pour autant.
Je sors, je vais marcher au travers du Petit Bois voisin. Attention, bien regarder si un tronc d’arbre ne cache pas un inconnu inquiétant.
Pas aujourd’hui.
Enfin le Grand Magasin, je traîne dans les rayons, de jupes en pantalons et  colifichets, de violet en pourpre, rien n’arrête mon regard, pas une seule petite folie à faire.
La cafeteria, peut-être ?
Non, je ne mangerai pas de gâteau….   je prends pourtant un "Succès", et demande un thé. J’y vide les deux  le sachet de sucre en poudre.
Je mange mon gâteau  rapidement, je me brûle avec le thé, et je fuis, vers la maison.
Rien à y faire aujourd’hui. Rien envie de faire .

Et si je descendais en ville….., déjà se dessine en moi l’image du petit café, juste à l’angle de la rue de la Baleine. Mais non, je n’irai pas… et pourtant je sais bien, je le sais depuis ce matin,  de l’alcool desserrerait cet étau, je deviendrais légère.
Je serais bien…

Je suis bien.. j’ai bu.

Juliette

(Sur une consigne de "Papier Libre"  "Comment peut-on en arriver là")
Mon histoire est vraie sauf que ce jour là il m'a suffit d'une crèpe bien arrosée de grand Marnier pour faire surface.... sourire
Je ne bois jamais d'alcool


par juliette b. publié dans : MON JOURNAL

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