Suite de l'article : COMMENT JE SUIS DEVENUE PEINTRE" du 24 Août
Un peu la paresse et beaucoup les aléas de santé m'ont empêchée de poursuivre d'histoire du peintre que j'étais devenue.
Lorsqu'une Galerie comme" l'Oeil Écoute" vous ouvre ses portes, on se doit de ne pas décevoir.
Pendant quatre ans j'ai préparé ma premlère exposition.
Je peins lentement, d'abord il y a le choix du sujet, puis la taille de la toile, l'esquisse reprise maintes fois jusqu'à ce que le tableau paraisse équilibré, enfin le choix des teintes.

Ce n'est qu'alors que je peux commencer. Où est la création fièvreuse ? me direz vous, elle est tout au long de ce parcours et après. Au moment où je mélange mes couleurs puis les pose sur la toile je suis prise d'angoisse, j'ai le tableau dans la tête, mais celui que je réalise est rarement le même. Cela me met dans un grand désarroi, un sentiment d'impuissance.
Il me faut à peu près un mois pour réaliser un tableau et pendant tout ce temps je suis frustrée, parfois désespérée : "ce n'est pas ça !".
Je le quitte le visage sombre, au bord des larmes, je n'ose en parler, ce serait ridicule, mais si ce tableau ne vaut rien, "la terre s'arrêtera de
tourner", j'en suis sûre.
Ridicule égocentrisme, je sais, heureusement je ne suis pas la seule à réagir ainsi.
J'attends le lendemain pour remonter le voir : "Ah mais, je crois bien qu'il est passable, bien sûr ici et ici et là, il faudra reprendre, mais...peut-être.....".
Retouche après retouche, l'espoir revenu, je le termine.
"ça peut aller, il faudra faire encore mieux.".
Vous comprenez maintenant que nous vivons un vrai calvaire !

Mais le pire c'est le jour où on accroche les toiles dans la Galerie :On demande inquiète, "Tu penses que ça pourra aller ?", et malgré les encouragements, on part souvent avec un sentiment de honte, "Comment ai-je pu montrer ça?"
Le jour du vernissage, on est fébrile, pourvu que les gens viennent. Petit à petit la salle se remplit, on va de l'un à l'autre, avec un sourire courageux, on écoute, ce sont toujours des compliments, ceux qui n'aiment pas ne disent rien (heureusement) on cherche le regard encourageant des amis, on vous annonce à l'oreille la première vente, on se détend un peu.
On joue le jeu.
La soirée se termine toujours par un repas dans un "bouchon" voisin, (nous sommes à Lyon), on parle de tout sauf de l'exposition, tant mieux ! les doutes sont toujours là, et il n'y a plus qu'à attendre le jour où on décrochera.

Dans l'atelier, on erre, sans idées, que faire maintenant, surtout pas la même chose. Il faut des semaines, parfois des mois pour qu'après de nouveaux essais pas très heureux, surgisse une idée, et que se précipitent dans la tête toutes les façons de la réaliser, On prend des notes pour ne rien laisser échapper, la vie redevient intéressante, difficile mais agréable quand même.
On est reparti vers cette forme de bonheur un peu masochiste qu'est la création,

NB : Depuis mes débuts je photographie mes toiles. Celles que je vous montre proviennent de diapositives, je les ai scannées deux fois, le résultat n'est pas toujours fameux, maus les toiles, je ne les ai plus, alors, je vous demande d'être indulgents.
Un peu la paresse et beaucoup les aléas de santé m'ont empêchée de poursuivre d'histoire du peintre que j'étais devenue.
Lorsqu'une Galerie comme" l'Oeil Écoute" vous ouvre ses portes, on se doit de ne pas décevoir.
Pendant quatre ans j'ai préparé ma premlère exposition.
Je peins lentement, d'abord il y a le choix du sujet, puis la taille de la toile, l'esquisse reprise maintes fois jusqu'à ce que le tableau paraisse équilibré, enfin le choix des teintes.

Ce n'est qu'alors que je peux commencer. Où est la création fièvreuse ? me direz vous, elle est tout au long de ce parcours et après. Au moment où je mélange mes couleurs puis les pose sur la toile je suis prise d'angoisse, j'ai le tableau dans la tête, mais celui que je réalise est rarement le même. Cela me met dans un grand désarroi, un sentiment d'impuissance.
Il me faut à peu près un mois pour réaliser un tableau et pendant tout ce temps je suis frustrée, parfois désespérée : "ce n'est pas ça !".
Je le quitte le visage sombre, au bord des larmes, je n'ose en parler, ce serait ridicule, mais si ce tableau ne vaut rien, "la terre s'arrêtera de
tourner", j'en suis sûre.Ridicule égocentrisme, je sais, heureusement je ne suis pas la seule à réagir ainsi.
J'attends le lendemain pour remonter le voir : "Ah mais, je crois bien qu'il est passable, bien sûr ici et ici et là, il faudra reprendre, mais...peut-être.....".
Retouche après retouche, l'espoir revenu, je le termine.
"ça peut aller, il faudra faire encore mieux.".
Vous comprenez maintenant que nous vivons un vrai calvaire !

Mais le pire c'est le jour où on accroche les toiles dans la Galerie :On demande inquiète, "Tu penses que ça pourra aller ?", et malgré les encouragements, on part souvent avec un sentiment de honte, "Comment ai-je pu montrer ça?"
Le jour du vernissage, on est fébrile, pourvu que les gens viennent. Petit à petit la salle se remplit, on va de l'un à l'autre, avec un sourire courageux, on écoute, ce sont toujours des compliments, ceux qui n'aiment pas ne disent rien (heureusement) on cherche le regard encourageant des amis, on vous annonce à l'oreille la première vente, on se détend un peu.
On joue le jeu.
La soirée se termine toujours par un repas dans un "bouchon" voisin, (nous sommes à Lyon), on parle de tout sauf de l'exposition, tant mieux ! les doutes sont toujours là, et il n'y a plus qu'à attendre le jour où on décrochera.

Dans l'atelier, on erre, sans idées, que faire maintenant, surtout pas la même chose. Il faut des semaines, parfois des mois pour qu'après de nouveaux essais pas très heureux, surgisse une idée, et que se précipitent dans la tête toutes les façons de la réaliser, On prend des notes pour ne rien laisser échapper, la vie redevient intéressante, difficile mais agréable quand même.
On est reparti vers cette forme de bonheur un peu masochiste qu'est la création,

NB : Depuis mes débuts je photographie mes toiles. Celles que je vous montre proviennent de diapositives, je les ai scannées deux fois, le résultat n'est pas toujours fameux, maus les toiles, je ne les ai plus, alors, je vous demande d'être indulgents.
Commentaires
Tu as un véritable talent de peintre, tes toiles sont superbes ! J'ai hâte d'en découvrir plus sur l'artiste que tu es :-)
Bises
Bises
commentaire n° : 2
posté par :
Bool
(site web)
le: 07/12/2005 10:36:56
Je suis allée sur ton site et t'ai laissé un message mais l'adresse ne s'est pas inscrite correctement, donc merci de tes visites fréquentes sur mes blogs/
amitiés
amitiés
réponse de : J.Beaudroit (site web)
le: 07/12/2005 11:05:03
non, non, Jubelle, je parlais juste de l'atmosphère de l'une de ses toiles... en fait, c'est vrai qu'il n'y a pas de point commun, sinon qu'il avait peint une vitrine de modiste !
Amitiés
Amitiés
commentaire n° : 3
posté par :
CG
(site web)
le: 07/12/2005 17:09:51
Bonjour Jubelle,
Je comprends ton angoisse : ce n'est pas de l'égocentrisme mais le besoin de toujours mieux faire.
Et surtout, avoir peur de ne pas savoir faire passer l'émotion que tu as dans le coeur et ta tete sur une toile... Non ?
Sois moins sévère avect toi-même : écoute ce que les gens disent de ta peinture.... là est le vrai discours.
Bisous
Mireille (qui n'est pas facilement contente d'elle non plus ...)
Je comprends ton angoisse : ce n'est pas de l'égocentrisme mais le besoin de toujours mieux faire.
Et surtout, avoir peur de ne pas savoir faire passer l'émotion que tu as dans le coeur et ta tete sur une toile... Non ?
Sois moins sévère avect toi-même : écoute ce que les gens disent de ta peinture.... là est le vrai discours.
Bisous
Mireille (qui n'est pas facilement contente d'elle non plus ...)
commentaire n° : 4
posté par :
mireille
(site web)
le: 14/12/2005 12:01:04
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La première, (vitrine de modiste) m'évoque l'atmosphère d'un tableau de Macke (que j'ai copié mais que je n'ai jamais terminé)... Je sais qu'on n'aime pas trop se voir comparé, mais ça a "tilté" immédiatement avec ce tableau (à cause du sujet)...
Il y a dans toutes ces toiles quelque chose d'éminemment délicat et fort en même temps. Il y a moins cette ambiance mélancolique que dans tes autres tableaux déjà présentés ici. Une autre période, je suppose ?
(et les diapos ne sont pas si mauvaises ! Tu as un bon scanner, j'ai l'impression !)
Amitiés
CG
Chaque fois que je reprendrai "mon histoire de peintre" je le signalerai.
Il y a eu ensuite des périodes beaucoup moins" précieuses" (semi-érotiques et féminines). Ici, les visages sont inventés, sans personnalité. Quand est venue la période "tragique et révoltée" les femmes ont eu des visages, ceux des trois femmes de notre famille, et quand la tragédie m'a submergée, il n'y a eu plus qu'un seul visage, celui de Lise.
Pense que je peins depuis 30 ans
C'est ce que je vous raconterai au fil des mois, mais actuellement (because fracture) je n'ai pas accès à mes documents, et il ne faut pas vous noyer dans mon égocentrisme
Au fait je ne connais pas Macke, je vais cherher sur internet. On a parlé à mon sujet de noms plus célèbres comme Balthus et Léonor Fini. Je les connais bien sûr, mais j'ai toujours évité d'étudier leurs oeuvres. On ne peut éviter des rapprochements avec d'autres sensibilités
Ceci dit ans amertume bien sûr, toujours amicalement
Jubelle.
Pour CG, rtéponse 2
Ouf !Je viens de voir les tableaus de Macke, à part le fait qu'il peint parfois des femmes, je ne vois pas le rapport entre nous, ni dans les couleurs, ni dans ledessin.
Marci, tu m'as fait connaîtreun autre peintre