Samedi 24 novembre 2007


painting-absinthe-degas2.jpgDegas : l'Absinthe


Ce matin, je me suis réveillée, avec un poids sur la poitrine.
Ce n’était pas Léo, mon petit chat, non, il a passé sa nuit sur un radiateur, je la connais bien cette sensation,  depuis si longtemps.

Rester couchée, non impossible, je fuis le lit.
Peut-être debout ça passera , l’angoisse glissera le long de mon corps … mais non! elle m’étouffe toujours, je mets la main sur ma gorge…peut-être boire en thé bien chaud, manger, mais mon estomac est noué. Je ne peux pas.

Faire quelque chose à tout prix, .. un bain bien chaud, Ah ! que c’est agréable cette brûlure…il me semble que je suis mieux.
Mais non, à peine debout, elle est de nouveau là, Madame l’Angoisse, que faire, sortir .

Mais il faut être là pour le repas, surtout n’en pas parler,  l’incompréhension me rejettera encore plus bas.
Je mange en silence, simulant un certain sourire, pressée d’en finir. Regarder un peu la télévision : tous les malheurs du monde me font souffrir, le Bingladesh, le Chili, les enfants perdus, violés… je participe, je comprends, mais mon angoisse ne me quitte pas pour autant.
Je sors, je vais marcher au travers du Petit Bois voisin. Attention, bien regarder si un tronc d’arbre ne cache pas un inconnu inquiétant.
Pas aujourd’hui.
Enfin le Grand Magasin, je traîne dans les rayons, de jupes en pantalons et  colifichets, de violet en pourpre, rien n’arrête mon regard, pas une seule petite folie à faire.
La cafeteria, peut-être ?
Non, je ne mangerai pas de gâteau….   je prends pourtant un "Succès", et demande un thé. J’y vide les deux  le sachet de sucre en poudre.
Je mange mon gâteau  rapidement, je me brûle avec le thé, et je fuis, vers la maison.
Rien à y faire aujourd’hui. Rien envie de faire .

Et si je descendais en ville….., déjà se dessine en moi l’image du petit café, juste à l’angle de la rue de la Baleine. Mais non, je n’irai pas… et pourtant je sais bien, je le sais depuis ce matin,  de l’alcool desserrerait cet étau, je deviendrais légère.
Je serais bien…

Je suis bien.. j’ai bu.

Juliette

(Sur une consigne de "Papier Libre"  "Comment peut-on en arriver là")
Mon histoire est vraie sauf que ce jour là il m'a suffit d'une crèpe bien arrosée de grand Marnier pour faire surface.... sourire
Je ne bois jamais d'alcool


par juliette b. publié dans : MON JOURNAL

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