L'écriture en est déliée, un peu froide, peut-être se perdantdans trop de détails.
Il y est surtout question du fonctionnement cahotique d'un journal politique eton ne s'attend pas à cette déscription franche et sans fard d'une rencontre amoureuse :
La chambre était encombrée de valises : il y avait deux lits de cuivre, dont l’un était couvert de vêtements et de papiers : sur une table ronde, des bouteilles de champagne vides.
Il m'a prise dans ses bras, j’ai senti sur ma bouche, une bouche violente et gaie : oui, c’était possible, c’était facile, quelque chose m’arrivait : autre chose.
Je fermais les yeux, j’entrai dans un rêve aussi lourd que la réalité et dont je me réveillerais à l’aube, le cœur léger.
Alors j’ai entendu sa voix, "on dirait que la jeune fille est intimidée. Nous ne ferons pas de mal à la jeune fille ; nous la déflorerons mais sans lui faire de mal. « Ces mots qui ne
s’adressaient pas à moi m’éveillèrent durement. Je n’étais pas venue ici pour jouer à la pucelle violée, ni à aucun autre jeu. Je m’arrachai de son étreinte.
Je me réfugiai dans la salle de bain, je fis une toilette hâtive en repoussant toutes les pensées : il était trop tard pour penser. Il me rejoignit dans le lit avant qu’aucune idée n’ait eu le
temps de se lever en moi et je m’agrippai à lui : à présent il était mon seul espoir.
Ses mains arrachèrent ma combinaison, elles caressaient mon ventre et je m’abandonnais à la houle noire du désir : emportée, balottée, submergée, soulevée, précipitée; par instant je tombais à
pic dans le vide ; j’allais échouer dans l’oubli, dans la nuit, quel voyage !.
Sa voix me rejeta sur le lit : « faut-il que je fasse attention ? – « si c’est possible…..C’était difficile de repartir ; de nouveau je me recueillis sous ses mains, je rassemblais le silence,
je me collai à sa peau et je dévorai sa chaleur par tous mes pores : mes os, mes muscles fondant à ce feu et la paix s’enroulait autour de moi en soyeuses spirales quand il dit impétueusement :
« ouvre les yeux »
Je soulevai mes paupières, mais elles pesaient lourd, elles retombaient d’elles-mêmes sur mes yeux que la lumière blessait. « ouvre les yeux, disait-il, c’est toi, c’est moi » Il avait raison
et je ne voulais pas nous fuir. Mais d’abord il fallait que je m’habitue à cette présence insolite : ma chair ; regarder son visage étranger, et sous son regard me perdre en moi-même, c’était
trop à la fois.
Je le regardai puisqu’il l’exigeait : je m’arrêtais à mi-chemin du trouble, dans une région sans lumière et sans nuit où je n’étais ni corps ni chair.
Il rejeta le drap et dans le même instant je pensais que la chambre n’était pas chauffée et que je n’avais plus un ventre de jeune fille ; je livrais à sa curiosité une dépouille qui n’avait ni
froid, ni chaud.
Sa bouche taquina mes seins, rampa sur mon ventre et descendit vers mon sexe........
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