Un jour ils sont venus, ils ont visité, ils ont regardé tous les appartements, à tous les étages, ils ont discuté entre eux, ils ont salué, ils sont partis.
Nous avions compris, nous avons préparé nos affaires, rassemblés les
meubles et nous avons attendu.
Ils nous ont emmenés dans des immeubles, loin de la ville, de notre quartier, nous n’avions rien à dire.
Mon mari était en désorienté, ma mère pleurait, elle avait vécu là cinquante ans, mes enfants étaient excités, d’abord, puis tristes devant ces grands bâtiments, sans repères, sans magasins, sans
rues.
Un jour nous sommes passés…. Voilà ce qu’il restait.
En bas vivait Grand-mère, on voit encore la tapisserie de sa chambre, orange ! « quelle idée mamy d’avoir choisi cette couleur ! », - « ton grand-père aimait bien ». La porte mène sur le
couloir et de là on montait chez nous. Il y a encore le plancher, le mur blanc de notre salle à manger
Et de l’autre côté la cuisine, on ne voit plus grand-chose, elle était petite mais sympathique. Je leur en ai fait des bons repas !
Au dessus, la chambre des enfants. Il n’y a plus de plancher, juste des poutres, c’était bas de plafond, .
On les entendait chahuter, on montait les gronder et on finissait par rire avec eux.
Et puis le grenier, c’était leur salle de jeux, on y entreposait des vieux trucs, On les leur a laissés….
Cet immeuble qui a l’air si laid était dans le centre de la ville, il ne payait pas de mine, bien sûr.
J’allais faire mes courses au Grand-Bazard, c’était pas cher. Pour monter aux rayons d’épicerie, il y avait une escalier roulant vertigineux. Les gosses se cachaient derrière moi, moi qui n’étais
pas fière non plus, je regardais devant moi pour ne pas avoir le vertige.
On avait autour de nous tous les commerces, maintenant il n’y a rien. Ils vont construire une « grande surface »…
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