Dimanche 21 juin 2009
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Chapitre 3
Sa voix était de pierre, de ces cailloux tombés au fond des torrents de montagnes, de ces galets roulés sans cesse par les mers, brutaux et bruts. Elle arrivait de loin, des entrailles de la terre
d’où elle avait surgi, lave rouge en fusion, soudain solidifiée au sortir de sa bouche. Son corps était volcan.
La terre ne triche pas. Sa voix était vraie.
Au creux de ces sonorités tellurique, elle décelait cependant une fragilité, de celles du bois mort se brisant sous le pas, de celles de la lame qui soudain se casse net. Elle y lisait la
délicatesse de la blessure, l’aumône du temps, les cadeaux douloureux de la vie, la tristesse de l’absence, les questions sans réponses, la solitude. Une brèche.
Elle s’y est engagée. Le fallait-il ?
Les parois de son corps l’ont ainsi accueillie. Elle était dans son nid, entre ses lèvres, entre deux murailles chaudes qui l’engloutissaient, l’anéantissaient, la protégeaient, la prenaient,
toute.
Elle n’avait plus peur.
Elle n’avait plus froid.
Le sang incolore du doute ne coulait plus de ses yeux.
Elle était en lui, dans sa main, dans sa tête. Il la vivait. Il la faisait vivre.
Espoir.
Ils allaient l’un vers l’autre.
Arthelisia Copyright ©
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Par juliette b.
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Publié dans : RÉCITS AMIS
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