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Présentation

Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /2009 18:23

(suite)

Chapitre 7
La plage étalait son écharpe blonde. Quelques promeneurs téméraires, quelques mémères à toutous, quelques joggeurs.
Il marchait. Il avançait, enroulé dans le froid.
Ses pensées, rosies par le rêve de sa peau, coloraient le ciel de douceur. Un moelleux délicat et féminin capitonnait son corps. Il était heureux, heureux de la savoir vivante, heureux de son existence. Heureux d’elle.
 
Une vitrine annonçait un séjour de rêve dans des îles paradisiaques pour moins de 2000 euros.
Il rentra dans l’agence de voyage.
 
Chapitre 8
Dessiner l’avait calmée.
L’incision de son trait, la violence du discours plastique qu’elle avait entretenu cette après midi là entre le corps superbe de M. et les feuilles qui jonchaient le sol de l’atelier, l’avaient défoulée.
Dessiner. Dessiner. Encore dessiner. Capturer, prendre le muscle, le tendon, la peau. Se laisser prendre au jeu du regardeur, l’œil captif du corps offert, la main emportée par le dire scriptural.
Le plaisir du faire la mettait en transe à chaque fois. La jouissance était là.
Merci M. de ce plaisir que tu me donnes disait son crayon !
Merci M. de libérer en moi cet instinct de vie…
Elle avait joui du corps de son modèle sans le toucher, sans se toucher.
Il le savait.
Cela entretenait entre eux une ambiance subtile de sensations visuelles feintes, un jeu platonique d’envies retenues, une mystérieuse complicité muette.
Elle aimait particulièrement travailler avec ce modèle là. Il la rendait belle.
 
Elle avait envie d’être belle…
 
Dans la voiture elle se remit du rouge à lèvres. Elle ferma les yeux.
Jean Yves.
 
Chapitre 9
Rouler. Rouler jusqu’à plus soif. Avaler les kilomètres. Ceux de la route qui s’autoroute.
Elle accéléra. 130. 150.160.
Le temps implosait, se rétractait, disparaissait. Seul l’espace, immense, perpétuel, ressassé, immortel, imposait son règne fastueux et fatal. Le ciel se dilatait. La route se déroulait dans une infinie perspective non close, dans un au-delà inconnu, tentant, sublime, rempli d’espérance, d’ailleurs.
Son souffle sursauta. Elle tressaillit au bord de l’abîme, ralentit, prit la sortie vers l’ère de repos, stoppa.
Les pins noirs la narguaient de leur silhouette squelettique. Le ciel se couvrit d’ombre, de chiens, de loups. Le crépuscule silencieux étendait sa sensualité, son inquiétude, sa musique modeleuse d’esprit.
Elle sortit son carnet de molesquine.
« Mon amour,
quand je t’ai rencontré, j’avais soif, j’avais faim.
Je t’ai mordu, dévoré.
Tu en porteras les blessures. »

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Par juliette b. - Publié dans : RÉCITS AMIS - Communauté : Les beaux mots
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