Ah! mes amis ! quelle soirée, il faut qu'avec mes faibles connaissances musicales je parvienne à vous communiquer le plaisir que j'ai eu ce soir-là :
PRINTEMPS ET MATURITÉ
Ravel, Chausson, Roussel :
Nous avons commencé par les VALSES NOBLES ET SENTIMENTALES et terminé par LA VALSE. Cela ne vous paraîtra pas original, si je vous dis que nous avons été entraînés dans un tourbillon fou, des sept valses dont est composée la première oeuvre. Elle alterne des instants brillants avec des "langueurs", un sentiment de violence, de folie pour se terminer en douceur.
LA VALSE, a été composée après la grande Guerre en 1919, et l'on ne peut s'empècher d'évoquer la folie à laquelle venait enfin d'échapper l'Europe, les haines, les tueries, l'absurdité de ce carnage et son inutilité. C'est un monde fou, qui parvient avec peine à échapper à lui-même, comme le signifie génialement le délire final de cette oeuvre.
LE POÈME DE L'AMOUR ET DE LA MER d'Ernest CHAUSSON nous apporte un moment de tendresse mélodieuse et nostalgique, il exprime un grande mélancolie, interprêté avec talent par la Soprano INDRE THOMAS, somptueuse dans sa robe faite d'une matière aérienne, dont les tons vieux rose s'allient si bien avec son teint sombre.
Enfin ! LA SYMPHONIE N° 3" D'ALBERT ROUSSEL dont je ne connaissais que "Le Festin de l'Araignée" Dès le départ le ton est donné. Le chef arrive d'un pas vif, nous salue brièvement et au moment même où il se retourne, l'orchestre attaque (c'est vraiment le mot à employer) ,cette oeuvre au rythme irrésistible, enchaînant les bouffées lyriques et les élans de tendresse, nous emportant dans un tourbillon de sons parfaitement maîtrisé et nous abandonnant presque essouflés, émerveillés jusqu'aux larmes.
Il faut dire, que l'excellent orchestre de lyon, était dirigé par MICHEL PLASSON dont je n'ai pas à faire l'éloge. sa notoriété et son dynamisme l'ont précédé.
Le public lyonnais, toujours assez réservé, mais très cultivé, ne s'y ait pas trompé et lui a fait une véritable ovation.
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