Information


Je préviens les visiteurs
que certains textes
 sont réservés
aux adultes

Dans ce cas là,
 je mettrai
une annotation
 en préambule :

"Déconseillé au mineurs"

Commentaires Récents

Catégories

Images aléatoires

Présentation

Vendredi 12 juin 2009



"Chapitre 1
De ces lèvres inscrites en rose sur la carène de son corps échoué, il trouvera la pente. Il aimera s’y glisser.
Il voudra y descendre ainsi le fer de la bêche qui creuse la terre.
Il y rencontrera l’algue cannibale, l’alcool profond, l’amertume tiède des souterrains tropicaux, le fruit défait, le fleuve blond qui noie le lit, la magique nouveauté.
 
Jean Yves aimait les femmes.
Celle-ci le subjuguait.
Pourquoi, sans même connaître son prénom, cette affreuse envie le prenait-il de nouveau à la gorge, au ventre ? Sa bouche aussi en était déjà pleine.
Dans la Bible, les hommes connaissent les femmes. Tel n’était pas le cas. L’inconnu le transcendait ; l’interdit le prenait.
Il la voulait.
Il le fallait.
C’était écrit, absolument, inéluctablement.
Affaire de destinée.
 
20 h.
Il marchait en fumant, shootant dans les flaques grises de la ville traîtresse où il traînait des aventures, des douleurs, des inquiétudes.
Une ombre s’installait de nouveau à ses côtés."

Avec l'autorision d'Arthemisia Copyright ©:
http://corpsetame.over-blog.com/article-2535993.html


 
Par juliette b. - Publié dans : RÉCITS - Communauté : Les beaux mots
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 8 juin 2009





Jouons à la marelle, veux-tu ?

Ne sois pas timide, tu soulèves un pied et tu sautes dans le UN
Attention ! il ne faut pas toucher les traits, sinon tu devras recommencer.
Ne pose pas l’autre pied, surtout !
Il faudrait que tu le fasses plus vite tu garderais mieux ton équilibre.

Bien, le DEUX maintenant, voilà c’est bien et tu vas pouvoir te reposer en sautant dans le TROIS et le QUATRE,  les deux pieds écartés.

Tu ne touches pas la craie, tu gardes bien ton équilibre et tu repars à cloche-pied vers le CINQ

Bien !

Et maintenant le dernier saut vers….. en principe le PARADIS
Ah ! je crois qu’il y a un petit problème, ma pauvre tu es tombée dans l’ENFER

Juliette


Par juliette b. - Publié dans : RÉCITS - Communauté : Les beaux mots
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Mardi 23 décembre 2008




Viens avec moi, ouvrons la porte de la "chambre mauve" :
Très féminine avec  son papier à grosses fleurs, un peu défraichi, un faux désordre, très organisé, tu n’y trouverais rien, moi je sais où est chaque chose.
Le lit de bois style régence trône, recouvert du blanc parfait des dessus de lit de grand-mère, en coton brodé. Des coussins en patchwork, en vrac les livres et revues en cours de lecture, une poupée de chiffons vêtue de violet et son petit frère  peluche mauve, « artispring »

A droite le psyché sur pied (parfait ami : il amincit), une lampe de chevet en perles violettes, et un très gros macaron créé par  « Margot ».
De l’autre côté une autre lampe de chevet pour les lectures matinales et nocturnes.

La table basse recouverte de livres à lire, à côté d’une bibliothèque pleine des livres déjà lus.
Sur un de ses rayons, est installé le petit Musée de Lise : ses nombreux bracelets cache-misère, une de ses sculptures, quelques photos, une broche à musique, des petites boîtes à mystères.

Viens.... cette plante trône sur une table dite « travailleuse » fabriquée et pyrogravée par mon père, capitonnée de soie tango et portant à l’intérieur les initiales de maman « JB », qui sont aussi les miennes..

Si tu ouvres la grande armoire tu n’y verras que des habits dont les couleurs varient du prune rouge au violet bleu. Tu penseras qu’il y a un certain désordre, mais Non ! je peux te dire les yeux fermés où est chaque vêtement.
Bien sûr une petite « chaîne » pour être reliée au monde des pensées et de la musique; et un fauteuil recouvert de toile blanche où s’est assise une « poupée de salon » 1930, au regard bleu sous son grand chapeau.

Si tu lèves les yeux, sur chaque armoire un objet ancien volumineux : cloche en verre soufflé à l’ancienne, carton à chapeau où sont enfermées des coiffes de paysanne des pays alentours.
Au sol un bouquet de fleurs en tissus de tous les tons de prunes, bleus et roses, une sculpture de Baurens : une femme accroupie, repliée sur elle-même

C’est fini ?
Non !
Maintenant regarde les murs, une toile orangé de Henri Jaboulay, un grand dessin de femme couchée de Pierre Combet-Descombes  une aquarelle de Benrath « le souffle de Berlin », une toile de Thérèse Contestin, un montage de cartons grattés, illustrés de petits personnages, ocre sur gris et noir, et enfin, face à moi, sous l’horloge, le portrait de Lise, son regard intense que je croise chaque jour en m’éveillant, il m’aide à réfléchir, à me confier, à me souvenir, à me faire pardonner.

Juliette

Par juliette b. - Publié dans : RÉCITS - Communauté : papierlibre
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander
Lundi 3 novembre 2008




Une femme lit …


Une femme lit au bord de la plage. Une femme âgée aux cheveux longs et blancs, assise sur une petite chaise pliante sans pieds, au tissu orange délavé, lit un livre épais, lourd sans doute, posé sur ses genoux relevés, un livre qu’elle ne pourrait soutenir autrement très longtemps. Elle est à quelques mètres du bord de l’eau, tournée vers la Méditerranée qu’elle ne regarde pas, elle sait qu’elle n’aura pas à bouger, pas de marée. Sur ces quelques mètres une grosse activité, d’innombrables joggeurs transpirants et soufflants, harnachés de fils aux oreilles, de vêtements aux tissus techniques, de chaussures multicolores complexes au profil de voiture de sport. Ils sont nombreux, elle est seule. Ils sont rapides, elle est immobile. Ils sont semblables, elle est unique.
Il est huit heure du matin, la plage est vide de baigneurs et de cris, de parasols et de serviettes. Juste quelques châteaux de sable d’hier étrangement écroulés par une eau qui n’est pourtant pas montée, quelques ruines qui vont rendre tristes les enfants à leur arrivée sur la plage, pleins d’impatience et d’espoir. Pas de soleil encore, pas de vent. Elle a posé son chapeau sur le sable. C’est un chapeau ancien mais élégant, en paille à larges bords, orné d’un foulard de cachemire coloré, adouci de soleils passés. Mais cette élégance est désuète et déplacée ici. C’est comme si elle n’avait pas vu les bouteilles en plastique roulant au gré des vagues, les capsules de bière et les milliers de mégots mélangés au sable, comme si elle n’avait pas entendu cette musique pour sourds qui a résonné sur l’eau jusqu’au milieu de la nuit. Elle est dans un autre temps, le temps des pécheurs et des barques de bois tirées chaque soir sur la plage, le temps des cabanons et des jeux de boule, le temps des amis grillant quelques moules sur un vieux grillage dans un feu de paille, le temps de son enfance.
Pourquoi lit-elle là ? Lui fallait-il son passé autour d’elle, lui fallait-il la solitude, le silence du matin, la présence du ressac? Ce volume est si épais, on sent qu’il est un monde à lui tout seul, un monde où elle a commencé à voyager il y a deux jours au moins au vu du nombre de pages lues, un monde séparé en deux parties égales sous ses mains halées que je vois mal mais que j’aime à imaginer belles. A ce stade le livre doit être agréable sinon il serait déjà abandonné. Environ trois jours de voyage encore, de rêves immobiles dans le mouvement de la mer.
Bien qu’elle soit totalement absorbée par la lecture je ne peux pas la regarder plus longtemps sans risquer de la déranger, ma marche, même ralentie par la curiosité, m’a trop rapproché d’elle. Je la dépasse maintenant laissant derrière moi l’empreinte de mes pieds nus aussitôt absorbée par le sable mouillé. Je m’éloigne en regardant la mer, pensant déjà à elle comme à une image fugace de l’été, n’osant pas me retourner, gêné par ma présence même sur cette plage, gêné d’avoir été un marcheur de plus, un grignoteur de solitude.
Enfin, me sentant suffisamment loin, je m’arrête et me retourne. Elle me regardait, souriant légèrement, une main posée sur le livre un instant abandonné, pour ne pas perdre la page, l’autre prenant son chapeau encore sur le sable, le soleil étant là maintenant. Pourquoi moi ? Pour mon chapeau de paille, le livre que j’avais à la main (un vieux poche de Simenon), les souvenirs d’enfance que j’ai moi aussi sur cette plage ? Sent-on passer les souvenirs des autres comme un vent léger soulevant le sable du temps écoulé? Je lui ai souri, elle est retournée à sa lecture, je suis parti.

Le lendemain, au même endroit, deux 4x4 faisant la course sur la plage, l’un ensablé, des hommes bruyants et lourds, ridiculisés par la situation, rendant des comptes à trois policiers tentant de leur faire comprendre que la terre n’est pas seulement un terrain de jeu pour gosses attardés. Visiblement ils ne comprenaient qu’une chose : défoncer une plage cela coûte tant.

Naturellement elle n’était pas là. Je me suis senti triste, décalé, esseulé…
Les jours suivants elle n’est pas revenue. Le livre doit être lu maintenant, le voyage terminé, les valises fermées. Pourtant j’écris ces lignes, au même endroit exactement, faisant revivre ce visage que je ne connais que souriant, espérant peut-être que peut-être elle me regarde, de loin …

J’ai tout de suite su qu’elle était un souvenir.

Pierre Benoit,
Rochelongue, 18 Août 2008

Par Pierre Benoit - Publié dans : RÉCITS - Communauté : Les beaux mots
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Mercredi 22 octobre 2008


Un jour ils sont venus, ils ont visité, ils ont regardé tous les appartements, à tous les étages, ils ont discuté entre eux, ils ont salué, ils sont partis.

Nous avions compris, nous avons préparé nos affaires, rassemblés les
meubles et nous avons attendu.
Ils nous ont emmenés dans des immeubles, loin de la ville, de notre quartier, nous n’avions rien à dire.

Mon mari était en désorienté, ma mère pleurait, elle avait vécu là cinquante ans, mes enfants étaient excités, d’abord, puis tristes devant ces grands bâtiments, sans repères, sans magasins, sans rues.

Un jour nous sommes passés…. Voilà ce qu’il restait.

En bas vivait Grand-mère, on voit encore la tapisserie de sa chambre, orange !  « quelle idée mamy d’avoir choisi cette couleur ! », - « ton grand-père aimait bien ». La porte mène sur le couloir et de là on montait chez nous. Il y a encore le plancher, le mur blanc de notre salle à manger
Et de l’autre côté la cuisine, on ne voit plus grand-chose, elle était petite mais sympathique. Je leur en ai fait des bons repas !

Au dessus, la chambre des enfants. Il n’y a plus de plancher, juste des poutres, c’était bas de plafond, .
On les entendait chahuter, on montait les gronder et on finissait par rire avec eux.

Et puis le grenier, c’était leur salle de jeux, on y entreposait des vieux trucs, On les leur a laissés….


Cet immeuble qui a l’air si laid était dans le centre de la ville, il ne payait pas de mine, bien sûr.
J’allais faire mes courses au Grand-Bazard, c’était pas cher. Pour monter aux rayons d’épicerie, il y avait une escalier roulant vertigineux. Les gosses se cachaient derrière moi, moi qui n’étais pas fière non plus, je regardais devant moi pour ne pas avoir le vertige.

On avait autour de nous tous les commerces, maintenant il n’y a rien. Ils vont construire une « grande surface »…

On est devenu des étrangers




Par juliette b. - Publié dans : RÉCITS - Communauté : Les beaux mots
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Recommander

créer son blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus